Gabon Woodshow : 1er salon international du bois de l’Afrique Centrale et de l’Ouest

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Le premier Salon international du bois et de la technologie du bois de l’Afrique Centrale et de l’Ouest s’est achevé ce vendredi 22 Juin 2018 à Libreville avec l’industrialisation comme défi majeur.

Une industrie africaine de transformation du bois

Peu coûteux, durable, renouvelable et économe en énergie, le bois est l’un des matériaux de construction par excellence du 21e siècle. Dans son allocution à l’ouverture du Salon dénommé « Gabon Woodshow », le chef de l’Etat gabonais a souligné que la filière bois devrait passer d’un « modèle de rente à un modèle productif ». D’où le thème de cette première édition : « Le développement d’une industrie africaine de transformation du bois rentable, libre de déchets, économe en carbone et socialement inclusive ».

Le Gabon étant l’un des pays précurseurs de l’interdiction de l’exportation de grumes mis en vigueur en 2010, pour encourager l’industrialisation, les autorités locales misent, entre autres, sur cette matière première pour le développement du pays qui est recouvert à environ 85% de forêts. Pour cette première édition qui a regroupé plus 75 exposants venant d’une trentaine de pays pendant trois jours à Libreville, il était donc question pour tous les acteurs de la filière, d’exposer et de présenter les derniers produits et innovations issus des industries forestières de l’Afrique centrale et occidentale. Il s’agissait également de mettre en exergue le potentiel de la filière bois au Gabon, qui occupe aujourd’hui, la première place en Afrique et la troisième dans le monde en matière d’exportation de bois déroulés (placages).

L’économie du bois

Le bois constitue un secteur économique important autant en Afrique centrale qu’en Afrique de l’ouest. Mais la production reste encore dominée par le bois rond industriel et la transformation primaire, surtout le bois de scierie et les panneaux de bois. Cependant, l’Afrique centrale abrite le deuxième massif forestier tropical du monde (après l’Amazonie). Et c’est sur le continent noir que s’opèrent les changements les plus significatifs dans la gestion des forêts, induits notamment par la « globalisation » des enjeux environnementaux.

Exportation des grumes de bois

Si les exportations des grumes de bois vers l’Union européenne ont été dans le passé un frein à l’essor de la filière dans ces deux régions, depuis quelques années, les pays de la sous-région en ont pris conscience et se sont lancés dans la transformation locale avant exportation et les résultats sont palpables. Hormis mis le fait que le commerce du bois affiche toujours un trend baissier dans certains pays, la chute des exportations de bois en grume, a marqué pour sa part, un plus dans nombre des économies africaines.

C’est le cas du Cameroun, où les exportations de grumes de bois ont chuté de 11% au cours du premier trimestre 2018, en comparaison de la même période l’an dernier, avec un volume total de 3400 tonnes de bois. Le même ralentissement des transactions de ce bois est observé au Congo avec une baisse de 29%, à 22.700 m3, en RDC la chute est de 50%, à 13.000 m3 et en RCA de 44%, à seulement 9.800 m3.

Au Gabon, c’est depuis 2009, que le pays avait interdit l’exportation des grumes de bois afin d’encourager les premières étapes de sa transformation localement. Ce qui fait que de 2010 à 2017, le volume de bois transformé est passé de 280.000 à 738.377 m3. En 2017, ce sont près de 622.000 m3 de produits transformés localement qui ont été exportés essentiellement vers l’Asie, l’Europe et le Moyen Orient.

La filière bois

Depuis, la filière bois connait une évolution importante au Gabon. Le secteur a généré 10.000 emplois depuis 10 ans et la filière forêt a accru sa contribution dans la formation du Produit intérieur brut (PIB) que le président Bongo a projeté la contribution du secteur au PIB à 20%, à l’horizon 2020.

Dans la poursuite des efforts déjà entrepris, le pays ambitionne également de se hisser, d’ici fin 2019, au premier rang mondial dans ce segment. Car l’Afrique a grand besoin d’entreprises industrielles dans la filière bois prospères, qui pourront jouer un rôle spécial dans le développement économique des Etats.

(afriqueorient.com)

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