Au Sénégal, Greenpeace exige le re-jaugeage complet des navires

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Le personnel de Greenpeace a pacifiquement protesté mercredi 18 juillet 2018 devant les locaux de l’Agence nationale des Affaires maritimes (Anam) du Sénégal pour exiger la publication de l’état d’avancement du processus de re-jaugeage des navires de pêche industrielle exerçant dans le pays.

« Légitimer la fraude au tonnage des navires, c’est compromettre la pêche », ou encore « Re-jaugeage des navires : Anam où en êtes-vous ? », pouvait-on lire sur les banderoles des militants de Greenpeace devant les locaux de l’Agence.

Selon un communiqué de cette ONG, le processus de re-jaugeage des navires de pêche industrielle, entamé depuis 2016, traîne toujours. Ceci malgré les engagements pris par le Ministère de la Pêche et de l’Economie maritime, ainsi que les lourdes conséquences financières, sociales et écologiques que la fraude au tonnage continue d’engendrer au Sénégal.

Ce qui a poussé Ahmed Diamé, chargé de campagne océans à Greenpeace Afrique, à déclarer : « Nous demandons au gouvernement du Sénégal de faire le point sur l’état d’avancement de ce processus et de publier les résultats de l’enquête interne diligentée à ce sujet, conformément aux engagements internationaux et régionaux pris par le pays.

Sous-déclarer le tonnage brut d’un navire constitue une infraction à la législation du Sénégal et aux conventions internationales ». Selon la source, la présentation d’un nouveau certificat de jauge était une condition pour l’obtention de la licence de pêche à partir de 2017. En 2016, les autorités de l’Anam et le Ministre de la Pêche  et de l’Economie Maritime avaient promis, devant tous les Sénégalais, que leurs services allaient prendre en charge le problème de la fraude au tonnage et que cette question serait résolue avant  la fin de l’année 2016.

Ainsi, dira M. Diamé : « Deux ans après, en Juillet 2018, les promesses faites devant les médias n’ont pas été tenues. Outre les pertes financières pour le gouvernement sénégalais, cette fraude a un impact négatif sur les communautés côtières, les écosystèmes et les ressources marines ». En effet, précise Greenpeace, les éléments de l’existence d’une fraude massive sur la déclaration du tonnage brut de certains navires de pêche industrielle ont été révélés au grand public en mai 2015 par l’organisation Greenpeace dans son rapport « Arnaque sur les Côtes africaines : La face cachée de la pêche chinoise et des sociétés mixtes au Sénégal, en Guinée Bissau et en Guinée ». Dans ce rapport, Greenpeace avait révélé que des navires de pêche opérant dans les Zones économiques exclusives (Zee) de ces trois pays, présentaient des tonnages bruts sous-déclarés.

Moctar FICOU / VivAfrik

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