Sahel : une réunion ministérielle pour l’élaboration du plan Climat

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Par Laouali Souleymane

Le ministre nigérien de l’Environnement, de la Salubrité urbaine et du Développement Durable, M. Almoustapha Garba a présidé le samedi 28 juillet 2018 la cérémonie d’ouverture des travaux de la réunion ministérielle de la Commission Climat pour la région du Sahel et la Conférence internationale sur la désertification et l’Economie verte. La rencontre a enregistré la présence des représentants des organisations économiques et d’intégration régionale et sous régionale, du Congo, du Royaume du Maroc, du Gabon, des partenaires Techniques et Financiers et des invités.

Au cours de cette première réunion ministérielle, il a été soumis à l’appréciation des participants les conclusions de deux segments techniques portant sur la validation du rapport diagnostic et de la note de cadrage pour l’élaboration du plan d’investissement Climat pour la région du Sahel ainsi que le projet de mandat du Groupe Technique Conjoint d’une part, et d’autre part la note conceptuelle relative à l’élaboration du Programme sous-régional de neutralité en matière de dégradation des terres et la Déclaration dite « Appel de Niamey ».

En prenant la parole à l’ouverture des travaux, M. Almoustapha Garba a rappelé que c’est en marge de la 22ème Conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, et à l’initiative de Sa Majesté Mohamed VI, Roi du Maroc que les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont tenu le premier Sommet Africain de l’Action le 16 novembre 2016 à Marrakech. Il a noté que ce Sommet dédié à l’action et à la co-émergence, a abouti à une importante déclaration dite de Marrakech et à la création des trois commissions climatiques pour l’Afrique, consacrées respectivement au Bassin du Congo, aux Etats Insulaires et à la Région du Sahel dont la présidence a été confiée au Président de la République, SE Issoufou Mahamadou. Cette initiative historique a été par la suite endossée par l’Assemblée de l’Union Africaine lors de sa 28ème Session des 30 et 31 Janvier 2017 à Addis Abeba.

Le ministre a indiqué que pour l’Union Africaine, ces commissions régionales Climat constituent des cadres appropriés d’actions harmonisées et concertées pour une mise rapide et cohérente de l’Accord de Paris, notamment par l’opérationnalisation des différentes Contributions Déterminées au niveau National (CDN) des Etats. C’est pour concrétiser le souhait des Chefs d’Etat que la Commission Région du Sahel a engagé la mise en place du groupe de Travail Conjoint qui vient de se réunir pour la 2e fois, les 26 et 27 juillet, et a procédé au lancement du processus d’élaboration d’un « Plan d’Investissement Climat pour la Région du Sahel», (PIC-RS) pour la période 2018-2030, avec le concours financier de la Banque Africaine de développement (BAD).

Le ministre de l’Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable a souligné que ce plan d’investissement considéré comme le bras armé de la mise en œuvre de l’accord de Paris, sera principalement basé sur la capitalisation des Contributions Déterminées au niveau National (CDN) des différents pays membres et concernera des programmes et projets nationaux et régionaux structurants, prenant en compte les défis relevés et intégrant les initiatives africaines porteuses dans les domaines du climat et de la désertification. Le PIC-RS constituera ainsi, un instrument de plaidoyer et de mobilisation des ressources, pour une action climatique inclusive dans les pays du Sahel. La région du Sahel est cette partie de l’Afrique particulièrement vulnérable aux variations climatiques et couvrant une superficie d’un peu plus de 10,5 millions de km2 soit 1/3 du Continent avec une population d’environ 516 millions d’habitants, représentant 43% de la population totale de l’Afrique.

L’objectif assigné à la Conférence Internationale sur la Désertification et l’Economie (CIDEV), est d’impulser une dynamique d’actions en vue de la mise à l’échelle des bonnes pratiques en matière de gestion durable des terres et de promotion d’une économie verte dans les pays du Sahel. Pour M. Almoustapha Garba, la CIDEV est traduction en actions concrètes les recommandations issues de l’appel de Ouagadougou sur la soutenabilité, la stabilité et la sécurité. De manière opérationnelle, il a indiqué que la CIDEV vise l’amélioration d’un programme sous régional structurant sur la Neutralité en matière de Dégradation des Terres (NDT) et d’Economie Verte qui devrait être pris en compte dans le volet prioritaire de l’adaptation du PIC-RS de la Commission du Climat.

Auparavant, les représentants de la BAD, de l’OIF, de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, ainsi que la Vice-présidence de la CIDEV assurée par la Côte d’Ivoire, ont réaffirmé leur engagement à accompagner la région du Sahel à faire face au phénomène des changements climatiques et la désertification avec ses corollaires sur le développement socio-économique de la région. Ils ont salué également le travail que les pays de la région du Sahel sont en train de mener de concert avec les partenaires techniques et financiers.

Laouali Souleymane (ONEP)

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