Vers l’élaboration de nouveaux instruments de tarification carbone au Sénégal

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Les autorités sénégalaises envisagent procéder, dans les prochains mois à l’élaboration de nouveaux instruments et approches de tarification carbone afin de faciliter la mise en œuvre de la Contribution déterminée au niveau national (Cdn), relative à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (Ges). C’est ce qu’a indiqué Racine Diallo, Conseiller technique au ministère de l’Environnement et du Développement durable.

« La décision d’élaborer une étude d’opportunités sur les instruments de tarification carbone a été prise dans un consensus total », a renseigné M. Diallo, qui présidait, jeudi 9 août à Dakar, un atelier de démarrage de l’étude sur les instruments de tarification carbone au Sénégal. La tarification carbone susceptible de prendre la forme d’une taxe carbone ou d’un marché des quotas d’émission constitue une de ces mesures.

A l’en croire, la tarification carbone vise à donner un signal prix sur le carbone qui encourage les consommateurs à réduire leurs émissions tout en permettant de générer des revenus pouvant être redistribués pour stimuler la transition énergétique ou lutter contre les impacts négatifs du changement climatique.

Selon la Banque mondiale, il existe beaucoup d’initiatives de politiques publiques visant à donner un prix au carbone. « Ces dernières années, il est noté une montée en puissance de ces dispositifs avec aujourd’hui, près de 20% des émissions mondiales couvertes par un prix sur le carbone », a indiqué le conseiller technique.

Les pays en développement ne sont pas en reste dans ce processus de mise en place de politique de tarification carbone appropriée à leur circonstance nationale. A cet égard, ajoute Racine Diallo, plusieurs pays notamment la Chine, l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire sont dans le processus de mise en application ou de finalisation des études d’opportunités sur les instruments carbone.

Toutefois, la mise en place d’outils nécessite un processus national qui prendra le temps requis pour assurer la transition vers une économie sobre en carbone, exigeant à la fois une action gouvernementale et une mise en œuvre de mécanismes d’incitation pour le secteur privé. « Ce dernier jouera un rôle prépondérant dans la mise en œuvre de l’outil de tarification carbone globalement de la mise ne œuvre de l’Accord de Paris », a dit le responsable Sénégalais.

Par ailleurs, après la signature du protocole de Kyoto, les parties ont relevé la nécessité de mettre une place des mécanismes de flexibilité, contribuant à l’abattement des émissions de Gaz à effet de serre et au développement socio-économique, a-t-il fait savoir.

Ces mécanismes notamment celui de développement propre (Mdop) ont offert aux pays industrialisés l’opportunité de renforcer l’aide au développement par le biais de transferts de technologies, tout en réduisant globalement les émissions de gaz, selon Racine Diallo.

« Le Sénégal a su disposer d’un portefeuille riche de projets enregistrés assez considérables au titre de ce mécanisme dans le domaine de l’énergie », a-t-il ajouté.

D’après lui, un tel objectif « requiert de transformer profondément nos sociétés afin de réduire nos émissions d’au moins 80 à 95% en 2050, par rapport à 1990 ».

A cet effet, « il semble dès lors nécessaire pour les parties notamment pour celles en développement, de prendre des mesures de réduction des émissions ciblées appropriées ciblées et maitrisées avec de fortes retombées socio-économiques », a conclu Racine Diallo.

Moctar FICOU / VivAfrik

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