Les Sénégalais restent sceptiques sur la fin de la pénurie d’eau

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Le directeur général de la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones), Charles Fall, a informé que la construction de nouveaux usines et forages, ajoutée à la déconnection des maraichers de Pout et à la mise en œuvre d’une usine de pompage connectée à une batterie de forages permettront à la Sones d’apporter 100.000 m3 complémentaires pour régler le problème de la pénurie d’eau à Dakar.

M. Fall s’exprimait l’occasion d’un panel organisée par le Club du Sénégal émergent jeudi 9 août 2018, à Dakar.

Le Club du Sénégal émergent qui est une plateforme d’échange et de partage a organisé, dans le cadre de ses «Jeudis de l’émergence» un panel orienté sur le thème: « Quelle solution pour l’approvisionnement en eau des populations de Dakar ? ». Ce panel a vu la participation des acteurs et experts en hydraulique de l’eau pour trouver des solutions face au déficit du liquide précieux noté depuis plus de quatre mois dans plusieurs quartiers de Dakar et sa banlieue.

Par ailleurs, malgré ces mesures ambitieuses pour sécuriser l’approvisionnent en eau de la capitale et ses environs, les autorités de la Sones et de la Sénégalaise des eaux (Sde) sont restées muettes sur la fin de la corvée des populations liée à la pénurie du liquide précieux qui persiste encore dans certains quartiers de Dakar et sa banlieue. Même si des améliorations sont notées, depuis le 20 juillet dernier. Le décor est tel que les rues de Dakar sont pleines de nos braves femmes à la recherche éperdue, pour le minimal confort familial, du liquide précieux. Bassines, seaux et bidons sur la tête et aux bras.

Mais pour rassurer la population dakaroise, le directeur de la Société nationale des eux du Sénégal (Sones), Charles Fall, explique que «l’Etat, d’ici la fin de l’année, compte apporter 100.000 m3 complémentaires suivant un plan d’action ».

Nous avons commencé à mettre en œuvre ce plan d’action à travers deux actes aujourd’hui concrets: c’est la déconnexion des maraichers de Pout et leurs branchements sur un réseau dédié à l’agriculture qui nous a permis de mobiliser un production complémentaire, c’est également une usine de pompage connectée à une batterie de forage avec une conduite sur plus de 20 km de Bayakh à Rufisque et qui nous permet aujourd’hui de noter, à peu près, 15.000 m3 d’eau complémentaire compte non tenu des travaux d’amélioration de réseau de notre partenaire, la Sde (Sénégalaise des eaux) et de cette meilleure gestion ou distribution de la ressource au population. Ces différentes actions nous ont permis de noter une amélioration dans l’alimentation depuis la fin du mois de juillet», a-t-il dit.

Passer d’un déficit actuel de 54.000m3 a un excédent de 15.000 m3 d’eau

Le Directeur de la Sones ajoute, cependant, que des solutions intermédiaires et des solutions urgentes ont été proposées pour faire face à cette situation. Ces solutions consistent, entre autres, à la construction de nouveaux usines et forages pour rassurer la population. «Les performances vont se poursuivre grâce à d’autres actions qui vont être mises en service notamment au courant des mois de septembre, octobre grâce aux forages, avec une production complémentaire que nous avons amenée grâce à la mise en service d’une batterie de forages et qui va également se poursuivre avec les forages (à construire).

D’ici à la fin de l’année, nous saurons si tout se passe comme prévu. Dans une situation excédentaire, nous ne serons pas loin de 15.000 m3 d’eau d’excédent par rapport à un déficit actuel de 54.000m3», a-t-il précisé. Avant d’ajouter que «tous les projets que l’Etat a déjà mis en œuvre et les projets sur lesquelles l’Etat est en train de travailler pendant cette phase intermédiaire et surtout les projets structurants vont sécuriser l’alimentation en eau des populations pendant encore très longtemps», a-t-il conclut.

Fin de contrat d’affermage de la SDE, l’appel d’offre à occurrence lancé, dès décembre

Quant au directeur général de la Sénégalaise des eaux, Abdoul Baal, il est revenu sur le contrat d’affermage qui, rappelle-il, tire à sa fin. «Le ministère de l’Hydraulique nous a fait savoir que le contrat d’affermage arrive à échéance le 31 décembre prochain. Et, l’Etat, par le biais du ministère de l’Hydraulique, a entrepris de lancer un appel d’offre à occurrence. Pour la suite, nous attendons tous et le département de l’Hydraulique nous le dira dans quelque jours».

J’ouvre le robinet pour aider ma nièce à se brosser les dents et jaillit un liquide jaunâtre bizarre qu’on n’ose même pas appeler « eau ». Elle me demande qui a pissé dans l’eau et automatiquement je réponds: « Macky Sall »

Pour ce qui est de leur relation avec la Sones, M. Baal estime que c’est une collaboration équilibrée pour permettre à la population d’accéder le plutôt possible au liquide précieux. «La Sones et la Sde sont des partenaires dont les actions sont complémentaires pour emmener de l’eau aux consommateurs sénégalais. Et ce partenariat est équilibrée, il a généré des résultats.

Aujourd’hui, nous avons bien compris que la situation qui prévaut est liée au déficit de production consécutive à un manque de production. Il faut donc réaliser de nouveaux ouvrages, de nouveaux forages, de nouvelles usines pour combler le gap qu’il y a entre les besoins et les disponibilités. Et ces actions sont en cour de réalisation, de mise en œuvre; ils seront mis en service les prochains jours. Ce qui permettra d’améliorer notablement le ressenti actuel», a-t-il dit.

Toutes fois, selon le directeur de la Sde, un partage équilibré des ressources sera fait, en attendant la réalisation de ces projets, de sorte que la pénurie d’eau ne soit ressentie de manière longue par la population.

Moctar FICOU / VivAfrik

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