Les pays démunis accusent les États unis de négliger les investissements verts

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La clôture de la réunion préparatoire de la vingt quatrième Conférence des Nations sur le climat (COP24) à Bangkok, dans la capitale Thaïlandaise, dimanche 9 septembre 2018, a été l’occasion pour les délégués représentant certains des pays les plus petits et les plus pauvres de la planète d’accuser les États unis et d’autres pays occidentaux de ne pas se montrer à la hauteur de leurs engagements en matière d’investissements verts.

Selon ces délégués, les États unis et leurs alliés comptent saper les négociations visant à prévenir le réchauffement climatique. Des experts du monde entier qui ont discuté toute la semaine à Bangkok de la finalisation des règles pour mettre en œuvre l’accord de Paris sur le climat se sont heurtés à la lancinante question du financement des efforts pour limiter le réchauffement et la transparence des contributions.

L’accord de Paris sur le climat, signé en 2015 vise à contenir le réchauffement mondial sous les 2 °C, voire 1,5 °C, par rapport à l’ère préindustrielle. Il prévoit également une aide annuelle de 100 milliards de dollars d’ici à 2020 au profit des pays pauvres.

« Les pays développés sont responsables de la vaste majorité des émissions historiques et bon nombre se sont considérablement enrichis en brûlant des combustibles fossiles », s’est plant le représente une quarantaine de nations allant des Maldives aux Bahamas en passant par Singapour éparpillées sur tous les océans, Amjad Abdulla.

Ajoutant que « nous faisons face à des conséquences climatiques dévastatrices et certains d’entre nous pourraient être perdus à jamais à cause de la montée des eaux », a-t-il dit.

A en les délégués représentant certains des pays les plus petits et les plus pauvres de la planète, les États unis et d’autres pays développés sont hostiles à une trop grande transparence et rechignent à s’engager sur des financements futurs. Les pays en développement affirment qu’ils ont besoin de financements transparents et prévisibles.

L’Afrique pour sa part, estime que ces pays reniaient leurs promesses en refusant de parler de financements futurs. « C’est comme si nous avions recommencé à zéro » à Bangkok, a laissé entendre une source de haut niveau au sein du bloc africain.

« Comment leur faire confiance ? »

Les quelque 190 États participants à l’accord de Paris ont jusqu’à la fin de l’année et la 24ème Conférence climat de l’ONU en décembre à Katowice, en Pologne, pour finaliser les règles de mise en œuvre du pacte sur le climat.

Dimanche, les délégués ont achevé leurs travaux à Bangkok en décidant de confier les discussions techniques à un panel d’experts, qui poursuivront leurs réunions jusqu’à la COP 24 de Katowice.

Patricia Espinosa, la responsable à l’ONU de la lutte contre le changement climatique, a déclaré à la presse que des progrès avaient été accomplis à Bangkok « sur la plupart des sujets » mais qu’« aucun problème n’avait été encore complètement résolu ».

La question du financement a « été très difficile et sensible sur le plan politique », a-t-elle souligné. « Pour que Katowice soit un succès, il faut accélérer le travail et renforcer la volonté politique », a-t-elle suggéré.

Un négociateur haut placé, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, a déclaré à l’AFP dimanche que les États-Unis et les pays riches demandaient aux pays en développement de leur faire confiance pour ce qui concerne le financement. « Nous voulons accomplir notre part » dans la lutte contre le réchauffement, « mais comment leur faire confiance ? Montrez-nous l’argent », a-t-il dit.

Si des progrès ont été réalisés à Bangkok sur certains sujets comme les nouvelles technologies, les défenseurs de l’environnement ont accusé Washington d’entraver, avec l’aval de l’Occident, toute avancée sur les questions de financements, alors même que le président américain Donald Trump a annoncé le retrait de son pays du processus de Paris en 2020.

Un délégué a accusé les États-Unis d’« empoisonner » d’ores et déjà le climat de confiance qui a abouti à l’accord de Paris. Selon Harjeet Singh, de l’ONG ActionAid, l’accord de Paris est « au bord du précipice ». Les écologistes accusent aussi l’Union européenne dont le Royaume-Uni, et l’Australie de se ranger derrière les États-Unis.

Moctar FICOU / VivAfrik

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