La Chine, actrice clé dans la lutte contre la faim et l’amélioration de la sécurité alimentaire

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Le Directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), José Graziano da Silva a laissé entendre que la Chine a accompli de grands progrès dans la lutte contre la faim et dans le renforcement de la sécurité alimentaire aux niveaux national et mondial depuis le lancement de sa réforme d’ouverture il y a 40 ans.

« Lorsque la Chine a commencé à donner aux petits agriculteurs la possibilité d’avoir leurs propres cultures et de vendre une partie de leurs produits, nous avons constaté une augmentation de la production et de la productivité », a déclaré José Graziano da Silva à propos des réformes introduites à la fin des années 1970 en Chine.

Cela reflète l’évolution des perceptions de l’ensemble du problème alimentaire mondial. Au lendemain de la crise alimentaire mondiale du début des années 70, le concept de sécurité alimentaire reposait largement sur la vision suivante: la sécurité alimentaire d’un pays peut être assurée si l’on dispose de stocks céréaliers mondiaux plus abondants et si l’on parvient à contenir dans des limites raisonnables les fluctuations des cours internationaux des céréales.

Il a mentionné un livre célèbre de Lester Brown publié en 1995 et intitulé « Qui nourrira la Chine ? Un réveil pour une petite planète », dans lequel l’auteur affirme que la Chine ne parviendrait pas à nourrir sa propre population. « Mais la Chine a réussi, grâce à ce changement politique », a commenté le chef de la Fao. La Chine a sorti 80 millions de personnes de la faim dans ce que M. Graziano da Silva a appelé « le programme le plus réussi à ma connaissance à ce jour ».

La faim résulte de l’impossibilité de produire ou d’acheter les denrées alimentaires nécessaires à la vie. Les personnes ne sont pas en majorité des consommateurs qui n’auraient pas assez d’argent pour acheter leur nourriture, mais des producteurs de produits agricoles et de denrées alimentaires. Près de 75 % d’entre elles vivent en zones rurales et la plupart dépendent directement ou indirectement de l’agriculture. Agriculture au sens large, incluant les cultures vivrières… et ce sont à 90 % des paysans pauvres ou des ouvriers agricoles. Les 25 % restants sont urbains, souvent des paysans pauvres récemment condamnés à l’exode rural.

Le monde produit suffisamment de nourriture pour tout le monde. Pourtant, une personne sur neuf souffre de la faim et 821 millions de personnes souffrent de sous-alimentation chronique, selon un rapport 2018 de la Fao sur la sécurité alimentaire mondiale.

Environ 9% d’entre eux vivent en Chine, contre 15,5% en 2007, a signalé M. Graziano da Silva, ajoutant que ces progrès « sont étroitement liés aux mesures prises par la Chine pour éliminer la pauvreté, en particulier dans les zones rurales ».

S’étant rendu en Chine pour la première fois en 2007, le responsable de la Fao s’est dit « surpris de voir à quel point les agriculteurs chinois, en particulier les femmes chinoises, prennent soin de leurs fermes ».

Les experts chinois coopèrent étroitement avec la Fao

« Ils sont très dévoués », a constaté M. Graziano da Silva, ajoutant qu’il était impressionné par leurs pratiques agricoles durables. « C’était l’une des premières fois que j’ai constaté directement un processus complet de production de légumes », a-t-il raconté.

« Ils cultivent des tomates et d’autres légumes dans des serres en utilisant les déchets alimentaires pour nourrir les porcs, et tous les déchets des porcs pour générer du gaz chauffant les serres. C’est un système extrêmement durable et une approche très innovante qui est venue des agriculteurs eux-mêmes… et cela a attiré mon attention. »

Pour ce qui est de la sécurité alimentaire mondiale, M. Graziano da Silva a déclaré que la Chine aidait la Fao à mettre en œuvre ses programmes de coopération Sud-Sud en Afrique, où de nombreux pays souffrent de la famine et de la sécheresse en raison notamment du changement climatique.

La Fao collabore avec des scientifiques chinois pour mettre au point des variétés de riz résistantes à la sécheresse, car c’est un aliment de base dans de nombreuses régions d’Afrique.

« Les Chinois ont ces connaissances scientifiques, mais… ce n’est pas une machine que vous pouvez déplacer de la Chine au Sénégal pour que cela fonctionne », a-t-il indiqué. « Les variétés de riz doivent être adaptées, nous avons donc besoin que des expériences et des recherches soient menées sur place, et les experts chinois coopèrent étroitement avec la Fao dans ce domaine ».

En 2006, la Chine a été le premier pays à conclure une alliance stratégique avec la Fao sur la coopération Sud-Sud. Aujourd’hui, plus de 1.000 experts et techniciens chinois ont apporté leur soutien à 37 pays d’Afrique, d’Asie, du Pacifique, d’Amérique latine et des Caraïbes, selon la Fao.

M. Graziano da Silva a ajouté que l’initiative chinoise « la Ceinture et la Route » pourrait bénéficier à l’Afrique, où certaines populations souffrent de la faim non par manque de nourriture mais par manque d’infrastructures.

« Nous pensons (…) que les projets d’infrastructures faisant partie de « la Ceinture et la Route » peuvent beaucoup aider à améliorer la sécurité alimentaire et à réduire les pertes et le gaspillage alimentaires, ce qui réduira également la pression sur les ressources naturelles », a-t-il indiqué.

La coopération entre la Chine et la Fao continue de se développer. Le 2 novembre, M. Graziano da Silva a annoncé son intention de créer à Beijing un Centre international d’excellence pour l’innovation agricole et le développement rural. L’objectif est d’accélérer les efforts visant à atteindre l’objectif de « Zéro faim » de la Fao d’ici 2030, a indiqué l’agence onusienne dans un communiqué.

Moctar FICOU / VivAfrik

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