Greenpeace Afrique dénonce la campagne de greenwashing de la République du Congo lors de la Semaine africaine du pétrole

0

Johannesburg, 7 novembre 2018 – Greenpeace Afrique a aujourd’hui (Ndlr : 7 novembre 2018) dénoncé la campagne de greenwashing actuellement menée par la République du Congo en dévoilant sa mise aux enchères de trois blocs pétroliers au cœur des tourbières récemment découvertes que la ministre de l’Environnement, Arlette Soudan-Nonault, s’était engagée à protéger. Des permis d’exploration pour quatre blocs pétroliers dans la zone des tourbières ont déjà été attribués.

L’appel d’offres pour les blocs dits « License Round Phase 2 », qui a débuté en septembre, est activement promu par le régime congolais cette semaine lors de la conférence de la Semaine africaine du pétrole à Cape Town.

« Il est choquant de voir comment le régime congolais se joue de la communauté internationale. Le même régime qui prétend défendre la protection des tourbières lors de grands événements médiatiques montre maintenant ses véritables intentions au monde tout entier. Ceci est un revers pour la protection des tourbières et nous ne pouvons pas nous taire pendant que l’on se sert des engagements écologiques pour cacher la recherche du profit », a déclaré Victorine Che Thöner, Project Leader du Projet Bassin du Congo chez Greenpeace Afrique.

Les tourbières de la Cuvette Centrale, en République du Congo et en République Démocratique du Congo, s’étendent sur une superficie de 145 500 km², une zone grande comme l’Angleterre. Elles contiendraient 30 milliards de tonnes de carbone, soit l’équivalent de près de 20 ans d’émissions liées aux énergies fossiles des États-Unis. Des communautés qui les protègent y vivent depuis des siècles.

Il y a une semaine, le ministre de l’Environnement de la République du Congo recevait encore les applaudissements de la FAO et de l’ONU-Environnement lors du lancement du nouveau Centre international des tourbières tropicales à Jakarta. Dans son discours, elle a évoqué la « riche biodiversité » des tourbières du bassin du Congo et vanté le rôle de la région dans la régulation climatique de la planète.

En mars 2018, elle et son homologue de la RDC ont signé la « Déclaration de Brazzaville », dont un des 11 points les engage à « mettre en place et finaliser les plans d’affectation des terres qui favorisent la conservation et la protection des tourbières ». Cependant, une clause sur la « gestion durable » des zones « couvertes par des activités économiques » laisse la porte grande ouverte au statu quo.)

Après avoir assuré « de manière durable » la destruction des paysages forestiers intacts du Congo pour le marché international du bois, le régime de Denis Sassou Nguesso – qui a cumulé plus de 34 ans au pouvoir – étend désormais le concept bidon de « gestion durable » à l’exploration pétrolière dans les tourbières.

L’un des quatre blocs des tourbières déjà attribués est détenu par la major italienne ENI, dont les bureaux de Milan ont été perquisitionnés et les documents saisis en avril dernier dans le cadre d’une enquête menée par un tribunal italien sur des allégations de corruption au Congo. Parmi les autres blocs attribués, l’un est détenu par le géant pétrolier français Total.

En tout, 91% des tourbières de la République du Congo sont recouvertes de blocs pétroliers. Les nouveaux blocs en couvrent 17 915 km² – la taille du Koweït.

Le 22 septembre dernier, Soudan-Nonault avait annoncé un financement de 15 millions d’euros de l’agence de coopération allemande GIZ pour la « gestion durable » des tourbières du bassin du Congo. La GIZ n’a pas encore communiqué à ce sujet.

Le fera-t-elle avant que le dépôt des offres pour la destruction des tourbières à la recherche du pétrole ne se clôture en juin 2019?

Greenpeace Afrique demande l’annulation immédiate des appels d’offres des trois nouveaux blocs de pétrole situés dans la zone des tourbières ainsi que des contrats des quatre blocs déjà attribués dans la même zone.

Avec greenpeace.org

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here