Protection de l’agriculture africaine : les chercheurs misent sur les satellites

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Le continent africain  peut tirer pleinement profit de l’utilisation des satellites pour la mise en œuvre  et le contrôle des politiques publiques dans le domaine de l’agriculture en particulier. En outre, les agriculteurs africains  peuvent éviter que les  récoltes leurs ne soient dévastées grâce système d’alerte précoce mis en place par les chercheurs britanniques.

Les agriculteurs locaux seront maintenant mieux informés par « les médecins phytosanitaires ». Selon les experts, le Service d’information sur les risques phytosanitaires (PRISE) combine les données liées à la température et les prévisions météorologiques avec des simulations assistées par ordinateur.

Le besoin en information agricole est très élevé en Afrique car les systèmes statistiques nationaux traditionnels sont souvent défaillants. Les technologies spatiales présentent de grandes potentialités pour renforcer les dispositifs d’information sur l’agriculture du continent africain.

Mais ici, le PRISE envoie aux agriculteurs une alerte sur leurs téléphones portables pour qu’ils puissent prendre leurs dispositions pour protéger leurs récoltes ou leurs plantations. Ce système espère aider à faire augmenter les rendements et les revenus agricoles jusqu’à 20 %. Le système PRISE est utilisé au Kenya, au Ghana et en Zambie et sera bientôt déployé dans d’autres parties du monde.

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Le PRISE est une mise à niveau d’un programme d’aide britannique très réussi géré par le Centre for Agriculture and Bioscience International development charity (CABI). Il s’appuie, selon bbc.com, sur un réseau appelé « médecins des plantes » et des unités-conseils pour informer les agriculteurs lorsque des ravageurs ou des maladies menacent leurs cultures.

Les « médecins » puisent dans une base de données à l’aide d’une application pour les aider à diagnostiquer le problème et à prescrire les bons pesticides et autres mesures de protection.

Walter Wafula, qui cultive du maïs à Bungoma au Kenya, a déclaré à la BBC que ce service avait transformé la vie de sa famille.

« Grâce à l’augmentation des revenus de ma ferme, mes enfants peuvent maintenant aller dans une meilleure école et la vie à la maison s’est améliorée parce que je peux subvenir aux besoins fondamentaux de ma famille », témoigne un agriculteur.

Jusqu’à présent, le programme a aidé 18,3 millions d’agriculteurs dans 34 pays d’Afrique, d’Asie et des Amériques. En moyenne, les revenus et les rendements agricoles sont supérieurs de 13 % pour ceux qui utilisent le service.

Mais le professeur Charlotte Watts, conseillère scientifique en chef du Department for International Development du Royaume-Uni, qui finance le programme des phytothérapeutes, affirme qu’une nouvelle initiative avec la CABI et l’Agence spatiale britannique (UKSA) utilisera le réseau pour prévenir, plutôt que simplement atténuer les infestations.

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Selon elle, l’idée est d’utiliser les données satellitaires recueillies par l’UKSA pour mettre au point un système capable de prédire quand les infestations de ravageurs se produiront une semaine ou plus à l’avance.

Les satellites peuvent fournir des informations précises sur la température du sol, qui est l’un des principaux moteurs des infestations de ravageurs.

Ces données, combinées aux données météorologiques et aux modèles informatiques, peuvent être utilisées pour donner aux agriculteurs suffisamment de temps pour pulvériser les pesticides et prendre d’autres précautions.

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La CABI a travaillé avec la Science and Technology Facilities Council du Royaume-Uni pour développer le projet. Professeur Charlotte Watts a déclaré à la BBC que les premières indications donnent à penser que le système fonctionne.

« Les agriculteurs dépendent entièrement des récoltes et de la prévisibilité d’avoir un bon rendement pour survivre et aussi pour envoyer leurs enfants à l’école ».

« Donc, si nous pouvons réduire l’impact des ravageurs, si nous pouvons leur permettre d’obtenir de meilleurs rendements – ce que nous constatons déjà – cela signifie que nous pourrons les aider à sortir de la pauvreté ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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