L’Afrique face à la baisse des cours du pétrole

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Le cours de pétrole ne cesse sa dégringolade (baisse de 50% depuis juin dernier) pour s ‘établir à des niveaux historiquement bas (moins de 50 $). Une mauvaise nouvelle pour les pays producteurs dépendant des pétro-dollars. En revanche, c’est une bonne nouvelle pour les pays importateurs. Quels sont les impacts d’une conjoncture aussi favorable pour l’économie africaine ?

En termes clairs, la tendance à la baisse des prix du pétrole se confirme. Le brut connaît aujourd’hui son plus bas niveau depuis plus d’un an, après une dernière chute de 6% le 24 décembre 2018. Cette baisse doit-elle inquiéter les pays pétroliers africains qui se remettent tout juste de la crise de 2014 et avaient enfin connu une année meilleure ?

Ils sont nombreux sur le continent africain à scruter la courbe en baisse des cours du pétrole. Ce syndicaliste congolais du secteur pétrolier se rappelle par exemple de 2014, où la baisse était devenue une chute, qui avait provoqué le départ de certaines compagnies et mis jusqu’à 15 000 travailleurs sur le carreau.

Impuissant, il sait aujourd’hui que cette baisse est mondiale et assure que « tout se gère au niveau de l’OPEP ». Mais à la table des pays exportateurs de pétrole, l’Afrique n’est pas très influente.

Faible poids au sein de l’OPEP

Si près de la moitié des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole sont africains, ils pèsent peu face par exemple à l’Arabie Saoudite qui produit plus que toute l’Afrique réunie.

Sans compter que les pays pétroliers africains ne sont pas vraiment unis autour d’une politique commune, et certains ne sont même pas membres de l’OPEP.

Pour l’instant, l’inquiétude n’est pourtant pas vraiment à l’ordre du jour. La baisse n’est là que depuis quelques semaines et il faudrait qu’elle se compte en mois pour devenir vraiment problématique.

Les investissements et les explorations prévues de longue date ne s’annulent donc pas pour si peu, et le continent africain reste toujours très attirant, assure par exemple le chercheur Francis Perrin qui rappelle que dans les prochaines années, le Sénégal, l’Ouganda, le Kenya, le Mozambique et la Tanzanie deviendront exportateurs.

Enfin, les deux tiers du continent importent encore du pétrole et ils seront heureux de constater rapidement une baisse à la pompe.

« Nous traversons une période orageuse qui ne doit pas nous tétaniser. Au contraire, nous devons transformer les éléments en source d’énergie pour aller de l’avant. L’occasion est historique, à nous de la saisir », s’est montré optimiste un expert africain.

Moctar FICOU / VivAfrik

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