Le Gabon veut mettre fin aux pénuries de carburant

0

Depuis deux ans, le Gabon, le 5ème pays producteur de pétrole en Afrique subsaharienne, ne réussit pas à sécuriser ses approvisionnements en produits pétroliers. D’où la main tendue à extérieure pour satisfaire la demande nationale. Au point que le Togo est devenu en deux ans son principal fournisseur.

Pour le ministère des Hydrocarbures, des actions urgentes s’imposent en 2019. Il est alors question de « réduire les délais de livraison de la Société gabonaise de raffinerie (Sogara) par la mise à disponibilité de deux quais d’accostage à Owendo pour les navires transportant les produits pétroliers : l’un à faible tirant d’eau et l’autre à fort tirant d’eau permettant l’accostage des navires à fort tonnage ». L’accent sera également mis sur l’augmentation d’autonomie la mise en exploitation par Gabon Oil Marketing d’un second dépôt de produits pétroliers. Selon le ministre du Pétrole, Pascal Houangni Ambouroue, « ce dépôt viendrait doubler les capacités disponibles dans la zone d’Owendo en produits blancs et servirait également de lieu de stockage du méthanol, composant entrant dans la fabrication du biocarburant ».

Les mesures gouvernementales s’étendent également à la recherche d’une meilleure disponibilité du gaz butane sur l’ensemble du territoire. D’où l’acquisition par la Société Gabonaise d’Entreposage de Produits Pétroliers (SGEPP) de nouvelles installations, déjà en service, et qui permettront au centre emplisseur du gaz butane de retrouver un niveau de performance ce qui facilitera l’accès des ménages à ce produit.

Pour rappel, la situation que vit le Gabon aujourd’hui est dû aux impacts du déclin naturel de ses champs matures, aux interruptions de production pour travaux de maintenance des machines et au retard enregistré dans la mise en œuvre de certains projets de développement, au cours des trois premiers trimestres de 2018.

Durant cette période, la production nationale de pétrole brut a baissé de 10,2% pour se situer à 7,143 millions de tonnes métriques. Dans le même temps, les exportations se sont contractées de 8,9% à 6,594 millions de tonnes métriques, orientées principalement vers l’Asie qui absorbe 77,7% de cette production.

A contrario, les cours de pétrole brut se sont appréciés, enregistrant des hausses respectives de 38,3% et 40,8% pour le Brent (71,79 dollars le baril) et le prix moyen des bruts gabonais (70,41 dollars le baril) dans un contexte international marqué par des risques de tension sur l’offre. Enfin, la dépréciation de l’ordre de 7% du taux moyen de change du dollar par rapport au franc CFA à fin septembre 2018, pour s’établir à 549,36 FCFA pour un dollar américain contre 590,5 FCFA en septembre 2017 n’a rien arrangé.

Bernard Bangda / VivAfrik

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here