Une plate-forme mise en place au Congo en faveur du processus REDD+

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Le développement durable ne peut occulter la Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+). Conscients de cet enjeu, les opérateurs économiques congolais ont lancé, le 20 février 2019 à Brazzaville, une plate-forme censée permettre leur meilleure implication dans la lutte contre la déforestation et la dégradation des terres.  

L’année 2017 s’est achevée sous de bons auspices au Congo pour le processus de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation forestière, encouragé par l’approbation du Plan d’investissement de la Stratégie nationale REDD+, le 13 décembre 2017 à Washington par le Sous-comité du Programme pour l’investissement forestier (PIF).  

Au terme de la première phase du processus REDD+ dite « de préparation », au cours de laquelle les principaux outils de sa mise en œuvre ont été élaborés, le Congo-Brazzaville a été autorisé à passer à la deuxième phase dite « d’investissement » et à la troisième phase dite « de paiement de crédits carbone ».

Le mécanisme REDD+ est né des négociations internationales sur les changements climatiques en 2008 et vise à réduire des émissions issues de la déforestation ainsi que de la dégradation des forêts et à accroître des stocks de carbone. La République du Congo est passée de la phase de préparation du processus à la deuxième phase dite d’investissement depuis plus de deux ans.

Son plan d’investissement est axé sur l’agroforesterie, le bois-énergie, l’aménagement durable des forêts, l’exploitation forestière à impact réduit, la conservation de la faune, l’appui à l’artisanat minier, la promotion des paiements pour services environnementaux, le renforcement du cadre législatif et réglementaire dans les domaines concernés.

Pour le directeur de cabinet (par intérim) de la ministre de l’Economie forestière, Joël Loumeto, la mise en place de la plate-forme du secteur privé pour la REDD+ vient combler un vide. « Cette plate-forme devrait contribuer au renforcement du partenariat public-privé, l’une des mesures d’accompagnement du Plan national de développement 2018-2022 », a-t-il estimé à adiac-congo.com.

En effet, les sociétés membres de l’alliance sont surtout attendues dans les domaines de l’utilisation des terres, de la déforestation et des impacts environnementaux liés aux activités minières. Au retour, celles-ci vont bénéficier des avantages fiscaux en contrepartie d’une production verte, des offres en crédit et ou garanties attractives pour l’agro-industrie hors forêts, des business incubateurs dans l’appui aux filières zéro déforestation.

Pour cela, le plan d’investissement sert de cadre de référence pour la mise en œuvre de ces activités au niveau national et devrait permettre de canaliser la mobilisation des différents financements. Les négociateurs ont bien voulu accompagner les pays en développement dans la gestion durable de leurs forêts, moyennant des revenus carbones sous forme de financements, se traduisant en des projets pour permettre à la population rurale de se détourner des forêts.

Ce mécanisme constitue une réelle opportunité pour le Congo et renforce la synergie d’actions intersectorielles, espère-t-on du côté des acteurs du secteur privé. Le vice-président de la chambre de commerce de Brazzaville, Jean Galessamy-Ibombot, appelle ses pairs hommes d’affaires à se mobiliser au sein de la nouvelle plate-forme.

Moctar FICOU / VivAfrik

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