Les forêts d’Afrique de l’Ouest et de la RDC victimes du pillage du bois de rose

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Un rapport publié par l’ONG américaine Environmental Information Agency a indiqué que les forêts d’Afrique de l’Ouest et en particulier du Ghana sont l’objet d’un véritable pillage du bois de rose. Cependant, la République démocratique du Congo (RDC) est aussi concernée par ce phénomène.

L’ONG américaine a rendu publique son rapport au moment où, se déroule à Genève en Suisse, une gigantesque conférence de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Cette rencontre vise à assurer la préservation de la faune et de la flore sauvage menacées de disparition. La conférence de Genève a aussi pour mission de renforcer les règles du commerce de l’ivoire, des cornes de rhinocéros et d’autres espèces végétales et animales menacées d’extinction. Les responsables de 180 pays s’y sont réunis. L’une des plantes les plus menacées est le bois de rose, très prisé en Chine, où son prix est très élevé.

Depuis le mois d’avril dernier et, en théorie, jusqu’au mois d’octobre prochain, les exportations de mukala, une variante de bois de rose traditionnel, venant des plateaux du Katanga, en RDC, sont autorisées. Elles ont pour destination la Chine en passant par la Zambie puis le port sud-africain de Durban.

Cette voie a été réouverte après des négociations entre Kinshasa et Lusaka, rapportent les spécialistes de l’ONG américaine. Aux termes de cet accord, la RDC s’engage à exporter un maximum de 3 400 containers de mukula avec un contrôle sévère des quantités concernées et à rémunérer la Zambie. Mais selon les informations obtenues par les enquêteurs de l’Environmental Information Agency, les « intouchables », un groupe d’officiers de l’armée congolaise, ont entrepris, comme ils l’avaient déjà fait en 2017, d’exporter des grumes de mukula à leur propre compte.

Ces « intouchables » ont obtenu des autorisations spéciales qui dépassent largement le cadre légal fixé antérieurement, reprenant des mécanismes déjà utilisés en 2017, avant que la Zambie ne ferme ses frontières. A l’époque, alors que les autorités congolaises avaient autorisé la production d’un millier de mètres cubes de bois de rose, les « intouchables » avaient pu en sortir cinq à dix fois plus, avec des conséquences néfastes pour l’écosystème.

Moctar FICOU / VivAfrik

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