Les feux de forêt, moins inquiétants en Afrique qu’en Amazonie

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Certes, les incendies sont plus nombreux en Afrique subsaharienne qu’en Amazonie. Mais, contrairement à la situation au Brésil, ce sont les savanes qui brûlent, pas la forêt tropicale du bassin du Congo. Pendant que le monde a les yeux rivés sur les incendies qui ravagent la forêt amazonienne, l’autre « poumon de la planète », le bassin du Congo, en Afrique subsaharienne, brûle lui aussi. Plus encore que l’Amazonie, comme le montrent les récentes images satellites de la Nasa. Selon les données recueillies par les satellites de la Nasa et analysées par la fondation Weather Source, « 6 902 foyers d’incendie ont été enregistrés en quarante-huit heures les 22 et 23 août dernier en Angola et 3 395 en République démocratique du Congo [RDC], contre 2127 au Brésil », rapporte la Gazeta Uigense, quotidien de la province d’Uíge, dans le nord de l’Angola, à la frontière avec la RDC. À tel point que le président français, Emmanuel Macron, envisage une initiative internationale similaire à celle proposée pour l’Amazonie. L’Afrique, « continent en flammes », concentrerait ainsi « au moins 70 % des quelque 10 000 feux dénombrés dans le monde au cours une journée moyenne du mois d’août », explique de son côté le quotidien argentin Clarín. Un chiffre que l’agence spatiale américaine dit être à peu près constant d’une année sur l’autre, renseigne courrierinternational.com.

Monseigneur Muteba indigné par le danger qui menace les forêts d’Afrique centrale

Alors que la communauté internationale se mobilise pour combattre les feux en Amazonie, au Brésil, des voix s’élèvent sur le continent Africains pour tirer la sonnette d’alarme. En République démocratique du Congo en particulier, le feu, mais également la déforestation incontrôlée menacent les forêts tropicales. Un désastre écologique est en cours au cœur de la forêt de Miombo, dans l’est du pays. « Un drame est tout aussi grave que le feu en Amazonie », selon Monseigneur Fulgence Muteba, évêque de Kilwa, interrogé par RFI. « On exploite les forêts de manière anarchqiue, (sans) appliquer les exigences du Code forestier… On laisse partir, comme ça, tout un patrimoine à cause de la corruption, à cause de la léthargie des responsables politiques. Il y a une exploitation vraiment irresponsable ! Dans la forêt de Miombo, en particulier, il y a surtout une espèce rare qui est très précieuse qu’on appelle le bois de rose. Il y a des sujets chinois qui exploitent ce bois de manière éhontée depuis quelques années. Et les autorités, tant provinciales que nationales, ne semblent pas prendre ce problème au sérieux. Pourquoi ne s’offusque-t-on pas des conséquences néfastes de cette surexploitation sur le dérèglement climatique, donc sur notre biodiversité ? On voit ce drame et puis on se tait ». La surpexploitation des forêts a déjà des conséquences concrètes pointe encore Monseigneur Fulgence Muteba. « On sent qu’il y a des effets négatifs de cette surexploitation sur le climat et donc sur notre biodiversité. La saison des pluies, qui jadis durait à peu près six mois, aujourd’hui elle n’a plus que quelque quatre mois. Et on voit aussi la disparition de certaines espèces. Par exemple, dans notre milieu, ici, nous produisons beaucoup de miel. Mais quand on a commencé à exploiter le bois rouge, le bruit des engins qu’on utilisait pour couper ce bois a contribué à chasser les abeilles. Et pendant deux ou trois ans, nous n’avons pas eu de miel ». Monseigneur Muteba souligne aussi la raréfaction du gibier ces deux dernières années. Autant de phénomènes qui inquiètent les populations locales, souligne rfi.fr.

L’Afrique n’est pas épargnée par les feux de forêt

Ce n’est pas seulement l’Amazonie qui est ravagée par les feux de forêts cet été. De nombreux pays de d’Afrique subsaharienne et du centre comme l’Angola, la Zambie ou la République démocratique du Congo (RDC) ont vu plusieurs hectares de leur forêt réduits en cendre. Certaines pratiques agricoles sont pointées du doigt. L’Agence spatiale américaine (Nasa) a produit une carte en temps réel des incendies sur l’ensemble de la planète Terre qui permet de visualiser la gravité de la situation. Les feux de forêt dans cette zone du continent africain sont plus denses et nombreux qu’en Amazonie. Angola, République Démocratique du Congo, Zambie, Congo et Tanzanie sont les pays les plus exposés. Les incendies auxquels ces pays font face sont un mal chronique. Ils résultent en grande partie d’une pratique agricole, la «culture sur brûlis», qui consiste à mettre le feu à du bois coupé, puis à laisser reposer les cendres sur le sol pour le rendre plus fertile. Le problème est que nombre de ces incendies échappent à tout contrôle, a expliqué la RTBF. Par ailleurs, cette pratique pourrait représenter entre un quart et un tiers des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. L’agence spatiale européenne considère en outre que 70% des terres brûlées sur la planète se trouvent en Afrique subsaharienne. Cet été, en plus de l’Amazonie et de l’Afrique, la Sibérie a elle aussi connu d’immenses feux de forêt. Des millions d’hectares ont été détruits, lit-on à vivafrik.com.                   

Moctar FICOU / VivAfrik

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