Lutte contre les crimes dans les industries extractives : la GIABA déplore le manque de moyens

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Les organismes de répression criminelle ouest-africains ne sont pas à la hauteur du niveau de sophistication des criminels opérant dans l’industrie extractive. C’est ce que relève le rapport sanctionnant la 21ème réunion du comité ministériel des pays-membres du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) ouverte samedi 16 novembre 2019 à Saly-Portudal sise dans le département de Mbour, à l’ouest du Sénégal.

Le document officiel précise que « le caractère non réglementé du commerce de diamants bruts et d’or continuent d’exacerber la situation, plus particulièrement pour certains pays où les diamants ou l’or représentent une part importante du produit intérieur brut (PIB) ou des exportations totales, avec des systèmes formels sous-développés ».

Le rapport baptisé « Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme liés au secteur de l’industrie extractive en Afrique de l’Ouest » et qui compte 77 pages, souligne que le renforcement de la réglementation et de la transparence de l’industrie extractive et du secteur minier aidera non seulement les pays à lutter contre ces phénomènes, mais également à accroître leurs revenus et améliorer leur situation budgétaire.

« L’absence de transparence des transactions dans l’industrie extractive et le secteur minier en général a été identifiée comme un obstacle majeur au recouvrement de l’impôt », a signalé, dans le texte, Matthew Byme, conseiller juridique sénior du Fonds monétaire international (FMI). Estimant que la mise en œuvre de la norme du GAFI (Groupe d’action financière) renforce la transparence des transactions et devrait être bénéfique pour la supervision générale des négociations en pierres et métaux précieux, y compris pour l’audit fiscal.

« L’objectif de la mise en œuvre d’un cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme (LBC/FT) est de détecter et/ou prévenir la perpétration de crimes sous-jacents tels que la fraude, le trafic de stupéfiants, la contrebande d’armes ou la corruption », indique le rapport. Il rappelle que « selon plusieurs rapports publiés dans les médias et les organisations internationales, des liens se nouent entre le blanchiment de capitaux et les exportations illégales de minéraux comme les diamants ».

Dans les économies où les devises n’ont plus de valeur, les diamants et l’or sont principalement utilisés comme moyen pour faire circuler l’argent liquide, relève le document. « Les analystes et spécialistes de la lutte contre le terrorisme soulignent le fait que les groupes terroristes Al-Qaïda et Hezbollah ont utilisé des diamants bruts de l’Afrique de l’Ouest pour financer leurs activités », souligne le document.

Il signale que le groupe de réflexion « Global Witness » a présenté des preuves qui confirment qu’Al-Qaïda est impliqué dans le commerce de diamants bruts depuis les années 1990.

De même un rapport du Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) des Etats-Unis d’Amérique a-t-il établi « un lien entre certains résidents d’Afrique de l’Ouest et des descendants du Moyen-Orient vivant en Gambie, au Ghana et en Sierra Leone pour fournir un soutien aux organisations terroristes telles que Al-Qaïda et le Hezbollah ».

« L’impact de cette activité criminelle sur la stabilité économique et sociale de la société, ainsi que sur la sécurité de l’Etat constitue une vive préoccupation », d’après ce document du GIABA.

Moctar FICOU / VivAfrik

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