Khaireddine Debaya compte mettre fin à la pollution de la ville de Gabès en Tunisie

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L’initiateur du mouvement StopPollution, Khaireddine Debaya depuis des années face au déficit d’action pour atténuer le phénomène de la pollution dans cette partie de la Tunisie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que la ville de Gabès est l’une des plus polluées d’Afrique.

Située dans le sud-est de la Tunisie, Gabès est victime d’une pollution due à la présence d’une zone industrielle majoritairement dominée par le groupe chimique tunisien qui transforme et valorise le phosphate. Selon un rapport de l’Union européenne paru en 2018, rien que la pollution aérienne de la ville provient à 95% des unités du groupe chimique tunisien. 

Se prononçant sur cette situation qui coûte cher à la ville avec la présence du groupe chimique tunisien, Khaireddine Debaya laisse entendre. « Depuis les années 1972, l’État tunisien a décidé d’installer le groupe chimique à Gabès dans un modèle de développement basé sur installer des pôles économiques dans chaque région, et Gabès a été choisie comme un pôle industriel. Et dès les années 1980, les habitants de Gabès ont commencé à voir et à observer les impacts graves de la pollution : la pollution de la mer, la pollution de l’air. »

Le processus est sans équivoque. Une eau de mer boueuse avec des métaux lourds en suspension, résultats des rejets de phosphogypse de l’usine. La pollution a aussi atteint le patrimoine de Gabès, la nappe phréatique de son oasis, seule oasis maritime en Méditerranée.

« Chatt Salem est une la zone unique en Méditerranée où la mer touche l’oasis et on trouve les 3 kilomètres de l’oasis, maintenant, comme une zone morte avec du sable noir. Mais ce n’est pas du sable c’est du phosphate », a poursuivi Khaireddine Debaya.

Les actions répétées de la société civile depuis la révolution ont permis de parvenir à des négociations avec le gouvernement pour démanteler et délocaliser les unités loin de la mer d’ici 2030, mais le processus qui devait démarrer en 2018 tarde à se mettre en marche.

Moctar FICOU / VivAfrik

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