Les chercheurs prenant le plus l’avion sont… les experts du climat

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Les arroseurs arrosés. Les climatologues alertent régulièrement et, à raison, sur les effets sur le climat des déplacements en avion, fortement émetteurs de gaz à effet de serre. Mais une étude publiée en ce mois d’octobre dans la revue Global Environmental Change vient mettre le doigt sur certains de leurs comportements. Selon cette étude britannique coordonnée par l’université de Cardiff, et relayée par Nature et Courrier International, les experts en réchauffement climatique sont les scientifiques qui voyagent le plus souvent en avion, en comparaison avec leurs collègues d’autres disciplines. Au total, plus de 1 400 chercheurs, provenant de 59 pays différents et de domaines scientifiques divers, ont été interrogés.

En moyenne, les experts du climat, qui représentaient environ 17 % des personnes sollicitées, prennent l’avion à raison de cinq fois par an. En comparaison, les chercheurs spécialisés dans d’autres disciplines disent effectuer quatre trajets par an en avion. Les vols effectués par les climatologues sont davantage domestiques qu’internationaux. Toutefois, ils avancent souvent des raisons professionnelles pour ces trajets, ce qui n’est pas forcément le cas de leurs autres collègues scientifiques. Les professeurs spécialisés dans le dérèglement climatique voyagent en avion environ neuf fois par an en moyenne, contre huit fois pour leurs collègues d’autres spécialités.

Comme le rapporte Nature, ces résultats déclaratifs peuvent en partie s’expliquer par le travail sur le terrain que ces experts entreprennent, ainsi que par les colloques et conférences internationales souvent organisés sur le sujet depuis plusieurs années. Plusieurs centaines de climatologues et autres chercheurs sur le dérèglement climatique sont notamment conviés aux réunions organisées par des organismes tels que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Mais s’ils volent plus souvent, les climatologues font davantage d’efforts pour réduire leur empreinte carbone et sont aussi plus enclins à compenser les émissions de gaz à effet de serre engendrées lors de ces trajets dans les airs. L’étude britannique souligne ainsi qu’ils sont davantage susceptibles de souscrire financièrement à des programmes dits de « compensation », qui visent à équilibrer leur bilan carbone. Environ 44 % des climatologues affirment avoir participé au moins une fois à l’un de ces programmes, contre 28 % pour les chercheurs d’autres disciplines. Certains, environ un tiers des climatologues interrogés, affirment même avoir décidé de ne plus voyager pour leur travail afin de réduire le plus possible leur empreinte carbone.

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