Le streaming est-il un gouffre énergétique et une importante source d’émission de CO2 ?

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La dématérialisation des données nous permet maintenant de télécharger films, vidéos, jeux et musique sur notre smartphone ou ordinateur et d’en profiter quasi instantanément. Un confort qui se voudrait plus écologique que l’achat d’un support, et pourtant, le streaming, qui captera bientôt 80 % du trafic web mondial commence à peser lourd pour l’environnement.

Autrefois anecdotiques, les services basés sur le streaming sont devenus des géants : Netflix, Amazon, Molotov, Youtube, Soundcloud… En effet, le streaming permet maintenant à tout détenteur d’un smartphone et d’un forfait adapté de regarder la télé, des films et écouter de la musique n’importe quand et presque n’importe où.

Si un tel usage a considérablement diminué la fabrication des anciens supports (en plastique), ce qui est bien pour l’environnement, il a littéralement fait exploser la demande car nous ne sommes plus limités par un support matériel.

En 2015, le streaming vidéo a capté 63 % du trafic web mondial, un chiffre qui a sans doute atteint 80 % en 2020 ! Or, le géant « Netflix continue d’alimenter notre streaming avec des énergies fossiles et doit d’urgence suivre le chemin d’autres grandes entreprises du numérique », s’indignait Greenpeace en 2017.

Toutes ces données nécessitent d’importantes infrastructures de stockage informatique, d’équipements réseaux : serveurs, câblage, connectique, switchs, routeurs, pare-feux… Mais aussi électriques (souvent redondants) et de refroidissement car les ordinateurs chauffent beaucoup. Ainsi, derrière une simple musique que vous écoutez en streaming, c’est tout un ensemble de technologies et d’énergie qui sont mobilisés.

Selon une analyse réalisée en mars 2020 par SaveonEnergy, l’énergie nécessaire aux 64 millions de vues de la saison 3 de la série « Stranger Things » – diffusée par Netflix – a émis 189 000 tonnes de CO2, ce qui équivaut à 676 millions de km parcourus en voiture !

Si l’on reprend l’étude de Kyle Devine et Matt Brennan, la production de plastique pour l’industrie musicale américaine représentait l’émission de 140 000 t de gaz à effet de serre en 1977, 136 000 t en 1988 et 157 000 t en 2000. Les scientifiques évaluent les émissions actuelles de gaz à effet de serre (stockage et transmission des fichiers numériques) entre 200 000 t et 350 000 tonnes juste pour les USA.

Au final, est-il plus écologique de posséder un fichier sur son ordinateur / smartphone ou d’en profiter en streaming ? Si pour la musique nous avons le choix, c’est plus compliqué en ce qui concerne les films, si l’on veut rester dans la légalité.

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