Les abeilles utilisent des excréments pour faire fuir leur prédateur

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Les abeilles asiatiques ont mis au point une technique hors du commun pour se défendre des attaques des frelons géants. Elles recouvrent leur ruche d’excréments d’animaux. Les frelons utilisent aussi des techniques d’attaques sophistiquées : avec leurs puissantes mandibules, ils mâchouillent l’entrée des ruches pour espérer y pénétrer ou alors ils laissent un marqueur chimique à l’entrée de la ruche. Ce repère sert de signal pour une potentielle attaque de masse organisée par plusieurs ouvrières qui peuvent alors décimer une colonie entière.

Les abeilles les plus exposées aux attaques de frelon ont mis en place une technique jusqu’ici jamais documentée. Les ouvrières partent à la recherche d’excréments d’animaux et les disposent à l’entrée de leur nid pour éloigner les frelons. Ce comportement est la première description de la collecte de matériel non végétal et de l’utilisation d’un outil chez les abeilles. Il a été observé chez l’espèce asiatique Apis cerana au Vietnam et décrit dans Plos One.

Des excréments pour faire fuir les frelons

Les expériences ont été menées au Vietnam, alors que plusieurs apiculteurs ont rapporté la présence d’excréments à l’entrée de leur ruche. Plusieurs colonies d’Apis cerana ont été suivies pendant dix jours. Les entomologistes ont alors observé les abeilles rapporter à la ruche des petites boules d’excréments qu’elles tenaient dans leurs mandibules après la visite d’une espèce de frelon asiatique, Vespa soror.

Plusieurs jours après l’attaque des frelons, les abeilles continuaient à disposer des excréments devant l’entrée de leur nid. Les scientifiques ont trouvé plusieurs explications à ce comportement inédit. Ils pensent que les excréments protègent l’entrée du nid des mandibules des frelons. En effet, en présence des boules de fèces, les frelons passent 94 % de temps en moins à mâchouiller l’entrée du nid quand ils se posent. 

Deuxième explication, l’odeur des fèces couvre celle des marqueurs chimiques laissés par les frelons. Ces derniers leur indiquent la position de la ruche pour une éventuelle attaque de masse. Les abeilles ne récoltent des fèces que lorsqu’elles ont été attaquées par des espèces agressives comme Vespa soror. Face à des frelons de plus petite taille et qui ne pratiquent pas les attaques de masse, comme Vespa velutina, elles ne choisissent pas ce mode de défense.

« L’utilisation d’excréments d’animaux par les abeilles mellifères asiatiques met en valeur l’impressionnante suite d’armes qu’elles ont développée pour défendre leurs colonies contre l’un de leurs prédateurs les plus dangereux. Il met également en évidence les raisons pour lesquelles les abeilles mellifères européennes, qui n’ont pas ces défenses, succombent si facilement aux frelons géants lorsque les deux espèces se rencontrent », expliquent les auteurs de l’étude dans un communiqué de presse.

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