Déforestation accélérée et nouvelles maladies, les autres conséquences du Covid-19

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Selon une équipe de chercheurs, la pandémie actuelle de Covid-19 et ses impacts économiques ont accéléré la déforestation dans de nombreuses zones tropicales. Celle-ci augmente les interactions entre faune sauvage et activités humaines, et donc les risques d’émergence de nouvelles épidémies.

Dans un article publié dans le journal scientifique « Perspectives in Ecology and Conservation » , une équipe de chercheurs met en garde contre le cercle vicieux qui s’installe. Selon eux, la Covid-19 a pour conséquence d’accélérer la déforestation et de faire émerger de nouvelles maladies zoonotiques.

Une augmentation de la déforestation

Un mois après les premières mesures sanitaires visant à contenir la propagation de la Covid-19 en 2020, les alertes à la déforestation en zones tropicales avaient dépassé les 9 500 km2. En 2019, à la même période, ces alertes concernaient un territoire total de 4,732 km2, soit près de la moitié. Intrigués par ce constat, une équipe de scientifiques s’est attelée à établir des liens entre la hausse de la déforestation tropicale et la pandémie de Covid-19. Selon les chercheurs, les conséquences socio-économiques de la pandémie auraient encouragé cette déforestation. Le confinement imposé dans de nombreux pays a par exemple souvent contraint les gouvernements à être moins actifs dans la surveillance et la gestion des forêts. La présence de la police et des éco-gardes a donc diminué sur le terrain, ce qui a encouragé l’abattage illégal des arbres.

Une déforestation qui accroît les risques d’émergence de nouveaux virus

A plus long terme, la crise économique qui se profile risque d’accroître la dépendance de nombreux pays tropicaux vis-à-vis de leurs exportations de produits agricoles de base. La situation politique et économique pourrait jouer alors en défaveur des régulations de protection des forêts.

« On sait que les risques d’émergence de maladies infectieuses sont plus élevés dans les régions tropicales à déboisement rapide, rappelle Serge Morand, écologue et spécialiste des maladies infectieuses au CNRS et au Cirad. Une accélération de la déforestation signifie une hausse des interactions entre faune sauvage, qui est un réservoir de virus encore inconnus, et les activités humaines, notamment agricoles. Près de 50 % des zoonoses qui ont fait leur apparition depuis les années 1940 sont associées à l’agriculture. »

environnement-magazine

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