Forêts tropicales, Zones humides : des écosystèmes sous haute menace en Afrique

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La République Démocratique du Congo compte vendre ses forets aux compagnies pétrolières s’exclame Greenpeace dans son communiqué de presse du 8 février. Le ministre congolais des hydrocarbures Rubens Mikindo a annoncé depuis le 29 janvier dernier la mise aux enchères prochaine de dix-neuf blocs pétroliers à travers la République Démocratique du Congo. Ce que Greenpeace Afrique dénonce avec la plus grande fermeté. Il rappelle que l’annonce vient moins de deux semaines après que le Président Félix Tshisekedi s’est posé en grand défenseur de l’environnement dans une adresse par vidéoconférence à un sommet organisé par Emmanuel Macron à Paris. Ainsi, Neuf des blocs à brader se trouvent dans la Cuvette centrale, dont une partie est recouverte d’un gigantesque complexe de tourbières crucial pour le climat mondial. Leur mise aux enchères est une insulte aux Congolais et aux tentatives internationales pour lutter contre la crise climatique mais aussi un pied de nez fait aux bailleurs de fonds au moment où ceux-ci, regroupés au sein de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI), cherchent à signer une nouvelle Lettre d’intention avec la RDC pour la protection des forêts. De ce fait, rappelons qu’en 2018 Joseph Kabila a octroyé à des multinationales le droit d’explorer des blocs pétroliers situés en plein cœur du Parc National de la Salonga, après un projet de désaffectation de la Salonga et du Virunga. Selon Radio Okapi, le ministre Mikindo aurait déclaré que les nouveaux blocs pétroliers vont permettre “le développement des peuples riverains”.  Aussi, il rajoute que ces derniers assureront plutôt leur mise en péril et la destruction de la biodiversité au profit d’un petit groupe de kleptocrates.

Dans sa Une du 10 février, Afrik21 revient sur le communiqué de Greenpeace concernant l’affaire des appels d’offres des 19 blocs pétroliers identifiés dans la forêt du bassin du Congo. Cette annonce est une pilule amère pour Greenpeace. L’ONG internationale de protection de la nature affirme que les 19 blocs pétroliers n’amélioreront en rien le quotidien des populations riveraines. « Ils assureront plutôt leur mise en péril et la destruction de la biodiversité au profit d’un petit groupe de kleptocrates » déplore Greenpeace Afrique. Les blocs pétroliers en question sont tous situés dans la cuvette congolaise. Encore appelée cuvette centrale, il s’agit d’une immense plaine de tourbière d’environ 1 000 000 km2 située en plein dans la forêt du bassin du Congo, commente Afrik 21. L’attribution de 19 titres d’exploitation pétrolière dans la cuvette centrale aggraverait davantage la déforestation dans le bassin du Congo. En février 2019, des chercheurs du département des sciences géographiques de l’université du Maryland, aux États-Unis, ont publié une étude indiquant qu’au rythme actuel de leur destruction, les forêts naturelles en RDC pourraient disparaître d’ici à 2100. La même étude indique qu’entre 2000 et 2014, la superficie de forêts perdue dans tout le bassin du Congo est de l’ordre de 16,6 millions d’hectares (ha). La RDC se taillant la part du lion, avec 69,1 % de cette surface, suivie du Cameroun (9,9 %). Le projet d’attribution de 19 blocs pétroliers dans la cuvette congolaise est par ailleurs en totale contradiction avec l’engagement pris par le président congolais lors de l’édition 2021 du One Planet Summit. Le président Félix Tshisekedi s’est posé en grand défenseur de l’environnement, exprimant l’engagement de son pays à contribuer à l’atteinte de l’objectif 30 % de l’ONU. Soit la conversion de 30 % des terres en aires protégées dans le monde.

Dans la même lancée, l’Agence d’information d’Afrique Centrale informe que Greenpeace Afrique fustige la vente 19 blocs pétroliers en RDC.  Le site d’information explique que lors des journées scientifiques organisées du 28 au 29 janvier dernier à Kinshasa, le ministre des Hydrocarbures avait annoncé avoir recensé dix-neuf blocs pétroliers à travers le pays. Ce dernier avait affirmé que ces blocs feront bientôt l’objet d’appels d’offres. Aussi, ces blocs sont répartis, a-t-il soutenu, de la manière suivante : neufs blocs dans le bassin sédimentaire de la cuvette centrale, trois dans le bassin côtier en On Shore, quatre dans le Graben Tanganyika, trois dans le lac Kivu.

5e Assemblée des Nations Unies pour l’environnement : un sommet virtuel imposé par le Covid

22 et 23 février 2021, se tiendra pour une première fois en ligne la cinquième session de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (UNEA-5). Il s’agit de la réunion de plus haut niveau sur l’état de l’environnement qui intervient quelques mois après la déclaration du Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, faite en décembre 2020 et dans laquelle il relevait que « faire la paix avec la nature serait la tâche déterminante du XXIe siècle », lit-on sur le journal Sud Quotidien. Le même journal rappelle que l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement se réunit tous les deux ans pour fixer les priorités des politiques environnementales mondiales et développer le droit international de l’environnement ; les décisions et résolutions prises par les États membres lors de l’Assemblée définissent le programme de travail du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Ainsi, un plan détaillé sera également lancé par le PNUE pour faire face aux crises du climat, de la nature et de la pollution, et les participants examineront une déclaration consensuelle sur la manière de construire un monde résilient et inclusif, après la pandémie. Un dialogue de dirigeants sera organisé au sujet de la contribution de l’environnement au développement durable et à la construction d’un monde résilient et inclusif après la pandémie. De plus, en février 2022, L’UNEA-5 a prévu de tenir une réunion au siège du PNUE à Nairobi et au cours de laquelle les décideurs aborderont les questions nécessitant des négociations en présentiel. En attendant, précise le document, la rencontre virtuellement des 22 et 23 février 2021 de l’UNEA5 sera précédée par la cinquième réunion du Comité des représentants permanents à composition non limitée (les 15 et 16 février). Auparavant, du 9 au 22 février, le PNUE organisera une série d’événements virtuels en soutien à l’UNEA-5. Ces événements offriront une plate-forme pour des conversations approfondies sur les dernières réflexions, rapports, données et actions en matière d’environnement. S’agissant des temps forts de l’UNEA-5, il y a «Faire la paix avec la nature», un nouveau rapport du PNUE qui présente le schéma directeur le plus complet à ce jour pour faire face simultanément aux crises du climat, de la nature et de la pollution afin de garantir un avenir durable et de prévenir de futures pandémies, appelant à l’élaboration de politiques audacieuses pour ouvrir la voie à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030 et à un monde neutre en carbone à l’horizon 2050. Enfin, le rapport sera officiellement lancé lors d’une conférence de presse virtuelle de haut niveau le 22 février (les détails suivront ultérieurement). Il y a aussi la « Stratégie à moyen terme du PNUE » qui permettra aux États membres de discuter de la stratégie à moyen terme du PNUE pour la période 2022- 2025 qui définit le rôle du PNUE en tant que coordinateur central des efforts des États membres pour faire avancer la dimension environnementale du programme de développement durable à l’horizon 2030. Les trois crises environnementales que sont le changement climatique, la nature et la pollution sont au cœur de la stratégie, et dicteront ses trois principaux domaines et son travail pour transformer la finance, les entreprises et l’espace numérique. Le PNUE veillera à ce que la science et l’environnement restent au centre de toutes les décisions et de la législation environnementale, tandis que la mise en œuvre sera guidée par l’innovation et le multilatéralisme. Elle marquera également le début des célébrations des 50 ans du PNUE 5, en ce février 2021, qui se poursuivra jusqu’à la reprise de la session de l’UNEA-5 en février 2022, jusqu’à la Journée mondiale de l’environnement le 5 juin 2022.

Cameroun – Zones humides : plaidoyer pour une protection durable

Le ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded), Hélé Pierre, en compagnie de son homologue Jules Doret Ndongo, a présidé ce 9 février à Yaoundé, la commémoration de la journée mondiale des zones humides. Elles sont au total constituées de sept zones humides : la plaine d’inondation de Waza-Logone, le lac Barombi Mbo, la partie camerounaise du fleuve Sangha, la partie camerounaise du Lac Tchad, la partie camerounaise du fleuve Ntem, l’estuaire du Rio del Rey et la zone humide d’Ebogo. Ces dernières sont reconnues comme sites Ramsar, c’est-à-dire des zones humides d’importance internationale, a fait savoir Cameroon Tribune. Ce site d’information explique que le ministre Hélé Pierre a rappelé les motifs qui ont milité en faveur de l’adhésion du Cameroun en 2006 à la convention de Ramsar. Entre autres avantages, l’accès aux outils et mécanismes de sauvegarde des ressources vitales des zones humides, à l’expertise et aux opportunités de formation ; ils bénéficient aussi des actions de solidarité et de coopération régionales. « Les zones humides jouent différents rôles importants pour la vie. Le fait de savoir que l’eau est au centre des zones humides signifie qu’elles sont très importantes et nous avons intérêt à les connaitre et à les protéger », a déclaré le Minepded. Les zones humides sont également pourvoyeuses de ressources en eau pour le bétail, l’irrigation des cultures, l’hydroélectricité pour la lumière et l’écotourisme. Pour finir, le Minepded conclut que le Cameroun a 8,3% de ses zones qui sont consacrées aux zones humaines. En termes de bilan, sur le plan international, il y a 2400 sites Ramsar qui ont été inscrits. Au niveau national, en plus des sept zones déjà inscrites, six autres sont en cours d’inscription. Il s’agit du parc national de Ma Mbed Mbed dans l’Extrême-Nord ; le bas Sanaga vers l’estuaire ; la plaine inondée du Nyong dans le Centre ; le lac Ossa dans le Littoral ; le bassin versant du Nkam-Wouri dans le Littoral et la zone humide de Batoke-Bakinguile dans le Sud-Ouest. Pour Barthélémy Ndongo, point focal Ramsar, la protection des eaux est un impératif qui s’impose à tous étant donné le rôle vital que joue l’eau dans la vie humaine.

Maïmouna Diop (Stagiaire / VivAfrik)             

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