Afrique : l’accès à l’électricité une priorité, l’énergie verte une résilience pour la protection de l’environnement

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Energie : augmentation de 12% du taux d’accès à l’électricité en Afrique entre 2015 et 2019, avec le soutien de la BAD

Banque africaine de développement (BAD) informe vingt millions d’Africains ont été raccordés à l’électricité entre 2014 et 2018. En favorisant l’accès à l’électricité, la Banque africaine de développement contribue à l’amélioration de la qualité de vie des populations africaines, comme ici à Diffa, à l’est du Niger, a affirmé la BAD dans son site en ligne. Le déficit d’accès à l’électricité est un des obstacles majeurs au développement économique et social en Afrique. Pour la BAD, beaucoup d’unités industrielles, de petites et moyennes entreprises africaines, souffrent de ce fait. L’accès à l’énergie figure en bonne place des priorités stratégiques de la Banque africaine de développement, appelées « high5 » et traduites en programmes et projets à travers le continent.  Ainsi, le taux d’accès à l’électricité en Afrique est passé de 42% en 2015 à 54% en 2019 grâce, notamment, au soutien de la Banque africaine de développement, qui a financé des projets d’interconnexion entre ses pays membres africains (dits régionaux) et favorisé le recours aux énergies renouvelables. Avec l’appui de la Banque, 291 MW de nouvelles capacités de production d’électricité ont été installées en 2019 dont 60% à partir de sources d’énergies renouvelables. Au cours de la même année, quelque 432 kilomètres de lignes de transport d’électricité et 435 kilomètres de lignes de distribution ont été réalisées sur le continent, ce qui a favorisé l’accès de près de 468 000 personnes à l’électricité en 2019, selon la dernière Revue annuelle de l’efficacité du développement (RAED), publiée par la Banque en décembre dernier. La BAD soutient avoir exhorté ces dernières années ses pays membres africains (dits régionaux) à rationaliser leurs capacités de production et à partager leur surplus d’électricité afin d’améliorer les échanges énergétiques transfrontaliers, dont le taux n’est que de 8% sur le continent. Entre 2014 et 2020, la Banque a effectué des investissements importants dans les énergies renouvelables, notamment dans le parc éolien du Lac Turkana, au Kenya, le complexe solaire NOOR Ouarzazate au Maroc et le Programme solaire Burkina Faso 2025 dénommé « Yeleen ». À lui seul, le complexe solaire NOOR Ouarzazate, un des plus grands parcs solaires au monde, construit avec le soutien de la Banque, permet de garantir l’approvisionnement en électricité à près de deux millions de Marocains, tout en évitant le rejet dans l’atmosphère d’environ un million de tonnes de gaz à effet de serre chaque année. D’une capacité totale de 580 MW réparties sur quatre centrales solaires, le complexe est opérationnel depuis la fin 2018. La Banque cofinance également, avec d’autres partenaires financiers, au Burkina Faso, dans le cadre du Programme Yeleen, le projet Yeleen de développement de centrales solaires et de renforcement du système électrique national. Ce projet dont la mise en service est prévue en 2024, permettra, d’une part, d’accroître et de diversifier l’offre nationale d’énergie par la réalisation de quatre centrales solaires photovoltaïques d’une capacité totale de 52 MW et, d’autre part, d’étendre et de densifier les réseaux électriques de distribution en vue de raccorder 30 000 nouveaux ménages, soit environ 200 000 personnes. D’après la BAD, les efforts en matière d’accès à l’énergie lui ont permis de raccorder près de 20 millions d’Africains à l’électricité entre 2014 et 2018, soit plus du double de la hausse observée pour la période 2000-2013, ajoute le rapport annuel de la Banque.  La BAD soutient fermement le pari de ses pays membres régionaux pour l’énergie solaire et les énergies renouvelables. Outre ses multiples actions dans les énergies renouvelables, la Banque finance et participe à la mise en œuvre de l’initiative Desert to Power, un projet emblématique déployé dans onze pays du Sahel, qui devrait permettre de produire 10 GW d’énergie solaire photovoltaïque à l’horizon 2030 pour 250 millions de personnes. Cette opportunité de transformer la zone désertique sahélienne en source d’énergie produite à partir des technologies propres favorisera aussi l’agriculture, l’accès à l’eau et l’adaptation au changement climatique. La BAD déclare mobiliser par ailleurs des partenariats et d’autres mécanismes internes tels que le Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA, en anglais) et le Fonds vert pour le climat (FVC) pour soutenir les efforts d’accès à l’électricité en Afrique. L’une des cinq priorités opérationnelles de la Banque, dites High 5, a pour but d’éclairer et d’alimenter l’Afrique en énergie. L’accès à l’électricité est une condition essentielle à l’amélioration de la qualité de vie des populations du continent.

Hydrogène naturel : le Mali, futur grand producteur d’énergie verte ? selon iciLome.com

L’économie du pétrole tire vers sa fin, alors que la société s’engage résolument dans la transition écologique. Demain, les puissances énergétiques seront celles qui domineront le marché des énergies renouvelables, dont l’hydrogène. Dans cette perspective, le Mali pourrait devenir le plus grand producteur d’énergie verte au monde, a fait savoir iciLome.com. La pandémie du coronavirus et les changements qu’il a apportés ont mis à mal le pétrole dans un monde en pleine transition énergétique. La demande nationale en or noir a considérablement baissé, tandis que la production des énergies renouvelables est en forte augmentation. Pour soutenir cette dynamique, les Etats ont renforcé leur engagement en faveur des énergies vertes, dont l’hydrogène. La France et l’Allemagne, notamment, ont annoncé respectivement des plans à 7 et 9 milliards d’euros pour en démocratiser l’usage. Des ambitions qui semblent sonner le glas du pétrole, dont le déclin était prévu, de toute façon, autour de 2050. IciLome.com souligne que grâce à leurs investissements colossaux, l’Allemagne et la France souhaitent devenir de gros producteurs d’hydrogène dans les années à venir. Mais les Etats Unis et la Chine, qui ont toujours des ambitions démesurées, préparent à leur tour des stratégies de l’hydrogène, tout comme le Canada, l’Australie, l’Espagne, etc. Également sur les starting-blocs, le Mali garde une carte sécrète dans la manche. Contrairement aux puissances mondiales qui ont jeté leur dévolu sur l’hydrogène vert manufacturé, cet Etat d’Afrique de l’Ouest mise sur l’hydrogène vert. Cette ressource est totalement propre car ne rejetant aucun CO2. Sa production ne génère que de l’eau ! De plus, il existe sous terre, est abondant et renouvelable. Le site informe qu’un entrepreneur du nom d’Aliou Diallo a parié sur l’hydrogène naturel depuis 2010. Sa société Hydroma transforme cette ressource en électricité verte grâce à une unité pilote installée près du village de Bourakébougou. « Tout le monde parle de l’hydrogène. C’est la clé de la transition énergétique. Au Mali, cela fait plus de dix ans que nous sommes dans l’hydrogène », a confié le promoteur cette semaine dans une interview sur la chaîne Africable Télévision. Selon lui, le Mali a la chance de devenir un grand producteur d’hydrogène naturel au monde grâce à ses importants servoirs. « Nous avons fait un rapport de qualification pour évaluer les réserves de gaz et il y a plus de 700 milliards de mètre d’hydrogène naturel rien qu’à Bourakébougou. En considérant la superficie du Mali, nous pouvons produire beaucoup d’hydrogène vert », s’est-il réjoui. Pour IciLome.com, Aliou Diallo a également misé sur l’hydrogène vert, en vogue ailleurs dans le monde, surtout en Europe. En Asie aussi des pays pétroliers comme l’Arabie Saoudite et le Qatar ont compris la nécessité de passer à l’hydrogène vert pour ne pas voir leur économie s’effondrer du jour au lendemain. L’Arabie Saoudite a annoncé un investissement de 700 milliards de dollars dans cette filière. Tout comme le Mali (situé au Sahel), elle a le potentiel pour une importante production : du soleil. « L’hydrogène vert, c’est l’hydrogène sur la base d’énergie décarbonée, c’est-à-dire l’énergie qui vient essentiellement du solaire et de l’éolien. Avec le taux d’ensoleillement et les vents intermittents le soir au Mali, on a évidemment de grandes potentialités de produire de l’électricité verte grâce aux électrolyseurs. », a souligné Aliou Diallo. Le milliardaire malien voit ainsi son pays devenir, dans quelques années, un exemple dans de nombreux domaines. « On peut être la première économie décarbonée du continent africain, le premier pays à faire rouler les trains à hydrogène, le premier pays avec des voitures à hydrogène et le premier à produire de l’électricité avec de l’hydrogène », a-t-il énuméré.

Afrique : l’AECF lance un fonds d’innovation de 1,2 million $ pour l’énergie propre

Selon Agence Ecofin, l’atteinte des objectifs climatiques passera par un recours massif aux énergies renouvelables à une échelle qui nécessitera une innovation dans les technologies et techniques utilisées. Des innovations que L’African Enterprise Challenge Fund (AECF) se propose d’accompagner en Afrique à travers son nouveau fonds. AECF a lancé un fonds d’innovation de 1,2 million $ au profit des énergies renouvelables en Afrique. Le site d’information précise que ce financement a pour but de renforcer la capacité d’adaptation au marché des innovations énergétiques. Le fonds permettra également de mobiliser l’appui financier, technique ainsi que le réseau nécessaire pour le passage à l’échelle des prototypes développés. Les projets et les entreprises innovantes du Burkina Faso, de l’Ethiopie, du Kenya, du Liberia, du Mali, du Mozambique et du Zimbabwe seront éligibles à ce financement. Les initiatives présentées devront avoir pour objectif la réduction des impacts négatifs associés à l’utilisation des combustibles traditionnels de cuisson sur les ménages. Le renforcement de la résilience des communautés face au changement climatique, ainsi que l’apport de l’énergie solaire à des usages productifs tels que le pompage d’eau, les processus agricoles, la réfrigération sont autant de domaines que le nouveau fonds de l’AECF désire soutenir dans ces pays. Les entrepreneurs désireux de bénéficier du financement devront démontrer dans quelle mesure leurs initiatives atteignent l’ensemble de ces objectifs. Victoria Sabula, directrice exécutive de l’AECF affirme que le fonds d’innovation est crucial pour une transformation à grande échelle des communautés. Investir dans des solutions d’énergies renouvelables accessibles peut créer des emplois, participer à la croissance économique et permettre un mode de vie plus durable.

Maïmouna Diop (Stagiaire / VivAfrik)

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