Eskom devrait s’adapter à l’évolution du secteur énergétique en Afrique du Sud, estime André de Ruyter

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Le Président directeur général (PDG) d’Eskom, est d’avis qu’il est nécessaire que l’entreprise s’adapte à l’évolution du paysage énergétique. Cette adaptation permettra, selon lui, à la compagnie de réaliser d’importants gains d’efficacité. Récemment, la société a annoncé son intention de retirer 11 Gigawatts (GW) de capacité de production au charbon d’ici à 2030.

Pour André De Ruyter, l’Eskom devrait initier des projets d’énergie renouvelable et agir rapidement pour se conformer aux normes d’émissions. À cette condition, l’entreprise éviterait que sa base de revenus ne diminue de 41% d’ici à 2025 et de 72% par la suite. « La transition énergétique équitable offre une occasion unique de faire pivoter Eskom et l’Afrique du Sud vers une industrie énergétique durable. À court terme, Eskom doit renforcer son bilan, améliorer son compte de résultat, créer une culture de haute performance, améliorer les opérations et conduire la restructuration », a déclaré le PDG de la société.

Rappelons qu’en Afrique du Sud, le secteur électrique national est régulièrement au bord de l’implosion, menaçant d’emporter avec lui l’ensemble de l’économie nationale. Les différentes mesures en cours pour résoudre ce problème structurel, devront intégrer un autre paramètre, les mutations rapides du secteur.

Le Président directeur général d’Eskom a pour objectifs principaux prioritaires la réduction de la production de combustibles fossiles en accélérant la fermeture ou en réaffectant les capacités existantes. L’entreprise doit parvenir à une plus grande efficacité, mettre en place un tarif dégroupé et établir un opérateur de marché. Elle prévoit de s’éloigner de la planification et des structures conventionnelles de l’électricité et de se concentrer sur la production distribuée. En outre, Eskom prévoit de moderniser le réseau et d’utiliser des solutions numériques pour apporter des améliorations financières et opérationnelles.

Actuellement, en Afrique du Sud, le secteur de l’énergie se décentralise progressivement. Le fournisseur d’électricité public n’a plus le monopole, ce qui offre plus d’opportunités aux investisseurs, selon De Ruyter. De plus, les consommateurs changent en devenant des pro-consommateurs, avec plus de choix dans la façon dont ils utilisent l’électricité.

Pour le dirigeant, Eskom devra relever de nombreux défis afin de s’adapter pleinement à l’évolution du paysage énergétique. L’application de la législation sur les normes minimales d’émissions obligerait Eskom à fermer 18 GW de capacité d’ici 2025 et 32 GW d’ici 2030. Les technologies de réduction des émissions pour résoudre ce problème devraient coûter plus de 20 milliards $. Pour rappel en mars, la dette d’Eskom s’élevait à 26,9 milliards $.

Moctar FICOU / VivAfrik

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