VivAfrik | 11 novembre 2025
L’Université du Nord-Ouest (NWU), en Afrique du Sud, vient de franchir une nouvelle étape dans la recherche pour une agriculture durable et résiliente. Une étude pionnière menée par Melokuhle Queeneth Magagula, diplômée de la Faculté des sciences naturelles et agricoles, propose une solution novatrice : valoriser les ressources locales pour nourrir durablement les volailles indigènes.
🌱 Transformer la biodiversité locale en ressource alimentaire
Supervisée par le Dr DMN Mthiyane, Melokuhle a concentré ses travaux sur la valorisation des gousses de Vachellia erioloba, un arbre indigène connu sous le nom de mokala, abondant dans les zones arides d’Afrique australe.
Grâce à une fermentation en milieu solide à l’aide de champignons pleurotes, elle a transformé ces gousses, riches en fibres et composés antinutritionnels, en un aliment hautement nutritif pour les poulets indigènes Boschveld.
Cette approche repose sur une bioéconomie circulaire, où les ressources locales sous-utilisées deviennent des intrants agricoles durables, réduisant ainsi les coûts d’alimentation et la dépendance aux produits importés.
🧪 Une méthodologie scientifique rigoureuse
L’expérimentation a porté sur 250 poulets Boschveld répartis aléatoirement dans 25 enclos, recevant cinq régimes alimentaires contenant différents niveaux de substrat fermenté (OMSS) – de 0 % à 10 %.
Pendant 12 semaines, les chercheurs ont analysé les effets de ces régimes sur la croissance, la qualité de la viande, les organes viscéraux, les paramètres sanguins et la composition en acides gras.
Les résultats ont révélé qu’une incorporation de 2,5 % d’OMSS :
- améliore la valeur nutritionnelle de la viande sans altérer ses propriétés physiques ni la croissance des volailles ;
- augmente la teneur en acides gras oméga-3 bénéfiques ;
- réduit le ratio n-6/n-3, indicateur clé d’une meilleure qualité diététique ;
- diminue la présence d’acides gras saturés indésirables.

🧩 Des résultats porteurs pour la durabilité alimentaire africaine
Cette recherche offre une alternative écoresponsable à l’alimentation animale traditionnelle, tout en valorisant des ressources locales abondantes.
Selon Melokuhle Magagula,
“Les gousses de Vachellia erioloba peuvent devenir un levier pour la sécurité alimentaire et l’agriculture circulaire en Afrique, grâce à la biotechnologie.”
Son directeur de recherche, le Dr Mthiyane, salue une étude “d’une grande rigueur scientifique et d’une pertinence régionale majeure, qui associe savoirs autochtones et innovations modernes.”
🏛️ La NWU, un moteur de la recherche africaine
L’Université du Nord-Ouest (NWU) confirme sa place de chef de file dans la recherche appliquée au service du développement durable.
En intégrant la biodiversité locale dans les systèmes agricoles, la NWU promeut une transition vers une agriculture résiliente, moins dépendante des intrants externes, et adaptée aux réalités climatiques de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe).
Les résultats, publiés dans Scientific Reports, une revue internationale du groupe Nature, témoignent du rayonnement croissant de la recherche africaine dans la lutte contre l’insécurité alimentaire.
🌍 Une inspiration pour l’agriculture circulaire africaine
Le modèle développé par Melokuhle pourrait inspirer d’autres pays africains à explorer la fermentation et la valorisation de plantes locales pour l’alimentation animale.
Cette approche favorise une économie verte basée sur les ressources indigènes, tout en soutenant les petits producteurs ruraux.


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