Déforestation au sud du Sénégal : le « bois du sang » officillement interdit

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Il y avait les « diamants du sang » du temps de la guerre en Sierra Leone. Il y a maintenant le « bois du sang » connu sous le nom « kosso » en Chine, ou bois de vène sous nos cieux. Le Sénégal a obtenu que les populations de Pterocarpus erinaceus, de son nom scientifique, soient classées dans l’annexe III de la liste couverte par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites). Une nouvelle tentative de ralentir la coupe abusive des forêts de ce bois en Casamance qui transite par la Gambie pour être vendu en Asie et principalement en Chine, note sen360.fr et lu par vivafrik.com.

L’inscription du bois de vène ou kosso pour ne pas dire « bois du sang » dans l’annexe III de la Cites a été proposée par le Sénégal et soutenu par d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, comme une mesure nécessaire pour aider à  arrêter la coupe abusive et la contrebande illégale de ce bois précieux et protégé. Malheureusement, la guerre en Casamance a favorisé une économie criminelle et la contrebande. Ce qui fait le lit de la coupe du bois de vène par des individus souvent couverts par les groupes armés opérant dans les forêts du sud du Sénégal, mais aussi, par la corruption de certains agents de l’Etat et les autorités gambiennes. Selon un rapport de l’Environmental investigation agency (Eia) publié l’année dernière, les espèces de bois de rose comme le vène sont même appelés les « bois du sang » en raison des liens intrinsèques entre leur pillage et l’économie criminelle liée à  des soulèvements ou des mouvements armés comme au Sénégal et ailleurs en Afrique de l’ouest. A noter que l’inscription du bois de vène ou kosso à  l’annexe III du Cites qui prendra effet le 9 mai prochain permettra dès lors, d’exiger que tout chargement pour l’exportation de ce bois, soit obligatoirement accompagné de documents Cites. Mais surtout, cette avancée signifie que le Sénégal pourra exiger la preuve de l’origine légale des chargements à  la Chine et aux autres pays consommateurs du bois pillé chez nous. Ce qui a pour effet de dissuader les trafiquants et d’engager les autorités chinoises dans ce combat de la conservation.

Le Sénégal a promulgué une loi sur l’interdiction totale de l’exportation de bois vène en 1998. A cela s’ajoute des efforts du gouvernement pour tenter de combattre la coupe et le commerce illicite. Mais avec la participation active des groupes armés en Casamance, le bois kosso continue à  être sorti clandestinement pour être généralement acheminé en direction des pays voisins, dont la Gambie avant d’être expédié en Chine. C’est d’autant plus une question de souveraineté économique que la destruction de ces bois est une grosse perte de recettes fiscales et une disparition assurée de ressources vitales utilisées par les communautés locales. A cela s’ajoute les conditions pratiques d’augmenter la menace de la désertification et la dégradation des écosystèmes forestiers déjà  fragiles.

Moctar FICOU / VivAfrik

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