La RSE au Sénégal, un concept en gestation

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Pour atteindre le développement durable, l’approche selon laquelle la responsabilité sociétale des entreprises est devenue une déclinaison à l’échelle de l’entreprise est plus vulgarisée dans les pays du Nord. Toutefois, les véritables enjeux sociétaux se rencontrent dans les pays du Sud. Au Sénégal, depuis quelques années la gravité des questions environnementales et sociales se pose en termes de biodiversité, de dégradation de qualité de l’environnement et de la pauvreté des communautés locales ect.  «  Il faut encore travailler pour la mise en place de programmes nationaux de promotion de la RSE et du développement durable, qui cibleraient tous les acteurs socio-économiques de notre société, en particulier les parties prenantes des entreprises », avait annoncé Yakhya Aicha Diagne, une juriste environnementaliste  à Dakar en Septembre 2014 lors de l’atelier régional de concertation sur la RSE dans le secteur  minier.

Apparue dans les années 2000 au Sénégal, la responsabilité sociétale des entreprises s’est répandue dans le pays avec l’initiative RSE Sénégal de Philippe Barry créée en 2008. Cette structure qui prône la vulgarisation de la RSE au Sénégal et en Afrique de l’Ouest tente d’inciter depuis sa fondation les entreprises et décideurs d’aborder des pratiques RSE.

 Depuis 2009, elle a commencé à organiser des forums pour regrouper les acteurs et ainsi inciter les décideurs autour de la problématique de la RSE. Dans le rapport du premier forum, le coordonnateur Philipe Barry avait annoncé que « Ce Forum constitue pour RSE Sénégal et ses entreprises partenaires le point de départ d’un plan qui vise à, travers des actions de promotion, de communication et de réflexion, à inciter un plus grand nombre d’entreprises et de dirigeants à s’inscrire dans une dynamique de bonne gouvernance d’entreprise et surtout, à initier des projets de développement durable. Nous envisageons à la suite de ce Forum d’approfondir la réflexion sur les domaines de la RSE en organisant en partenariat avec les directions nationales des administrations présentes, les organisations patronales et le milieu universitaire une série de rencontres thématiques ».

Par ailleurs, RSE Sénégal et le conseil national du patronat ont  initié une charte RSE en 2012  qui a été élaborée par 11 entreprises de différents secteurs. Les entreprises signataires de cette charte sont devenues une trentaine en 2015 et publient chaque  année un rapport confirmant leur engagement.

 Faisant focus sur certaines d’entre elles, nous pouvons citer le cas de la Sonatel qui mène des actions RSE avec la création de sa fondation. Signataire de la charte depuis 2013, la fondation a pour objectif de soutenir tout projet qui vise la valorisation du développement humain en particulier dans le domaine de l santé, de l’éducation et de la culture.

On peut noter aussi la banque de l’habitat du Sénégal qui est la deuxième entreprise sénégalaise à avoir  lancé un processus de mis en œuvre d’une démarche RSE. Celle –ci a comme vocation  de promouvoir l’habitat social.

L’entreprise Sigro-Kirene qui travaille dans le domaine de l’agroalimentaire  s’est engagée à mener des actions RSE depuis 2014 et vise à améliorer le bien être des communautés. C’est le cas du financement des forages en zone rurale, construction de maternités, distribution gratuite d’eau minérale, ect.

Dans le cadre de sa politique RSE,  Terangagold, une société qui travaille dans le secteur des mines met l’accent sur les axes suivants : santé et sécurité de travail, environnement, relation avec les communautés riveraines, compétence et qualité du management. Signataire de la charte RSE depuis 2012, elle met aussi en exergue d’actions sociales et communautaires dont des investissements dans le domaine de l’hydraulique, la santé l’éducation, ect.

Bolloré Africa Logistic Sénégal signataire de la charte RSE  depuis 2012 a élaboré un plan RSE.  Les principaux axes de cette stratégie de développement durable sont le respect de valeurs communes, la valorisation et le développement du capital humain, la performance environnementale comme source de progrès et d’innovation et la contribution pour le développement local.

Mohamed El Amine DIOP (Stagiaire) / VivAfrik

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