Attentats de Paris: La Marche mondiale pour le climat risque de ne pas avoir lieu

0
Les manifestations prévues au Bourget, négociations mais aussi espaces dédiés aux associations et aux entreprises, sont confirmées. En revanche, le doute plane encore sur le sort réservé à certaines actions prévues par la société civile, notamment la Marche mondiale pour le climat du 29 novembre. Fin du suspens d’ici à jeudi en principe.

La question s’est posée dès vendredi soir : qu’allait-il advenir de la COP21 dans le contexte post-attentats ? Comment assurer la sécurité de plus d’une centaine de chefs d’Etat ou de gouvernement attendus le 30 novembre à Paris, mais aussi celle des 40.000 personnes qui devraient se presser jour après jour dans les transports en commun puis au Bourget entre le 30 novembre et le 11 décembre ?

Sur ce premier point, l’exécutif français et la présidence de la COP n’ont pas tarder à apporter des réponses très fermes. Pas question de plier devant Daech en annulant cette conférence essentielle pour l’avenir de la planète (et l’héritage de Hollande…). Plusieurs des chefs d’Etat attendus, à commencer par Obama, ont confirmé immédiatement leur intention d’y participer.

Zone des négociations et espaces entreprises seront très sécurisées

Sur le site même du Parc des expositions du Bourget, la zone réservée aux négociations diplomatiques (à laquelle on n’accède qu’avec une accréditation en bonne et due forme délivrée par les Nations Unies à 7.000 délégués, 10 .000 observateurs et 3.000 journalistes), est placée sous le contrôle d’une centaine de gardes de… l’ONU.

Ce qui n’est pas le cas de l’espace Génération et ses 120 stands d’organisations, ni de la « Galerie des solutions » réservée aux entreprises, qui devraient néanmoins être maintenues à grand renfort de mesures de sécurité. La question reste également posée pour les manifestations prévues au Grand Palais (Solutions COP21, technologies nouvelles des entreprises).

La Marche mondiale pour le climat annulée ?

La situation est plus compliquée encore concernant les actions de la société civile, notamment la grande Marche mondiale pour le climat, prévue le dimanche 29 novembre entre République et Nation (en même temps que d’autres marches dans le monde entier), le contre-sommet du week-end des 5 et 6 décembre et son village des alternatives à Montreuil, et la journée de désobéissance civile du 12 décembre à Paris et au Bourget.

Manuel Valls avait douché les espoirs des organisateurs en affirmant lundi matin que la COP serait sans doute réduite aux seules négociations, à l’exclusion de toute manifestation festive.

Recherche d’un compromis entre visibilité et sécurité

Mais, mardi 17 novembre, Laurent Fabius s’est montré plus ouvert lors d’une rencontre avec la « Coalition Climat 21 ». Prenant note de la requête des représentants de ses 130 organisations membres – syndicats, ONG, associations humanitaires, qui, tout en reconnaissant la nécessaire prise en compte de nouvelles exigences en matière de sécurité, demandent le maintien de toutes les manifestations prévues, il a promis une décision du gouvernement d’ici à jeudi sur la forme des actions autorisées.

Mardi, Ségolène Royal a réaffirmé le rôle de la société civile. Une interdiction pure et dure est très peu probable, d’autant plus qu’elle pourrait se traduire par des manifestations illégales intempestives non encadrées et donc plus risquées encore.

Mais les événements dans des lieux clos auraient la préférence du gouvernement, et il se pourrait qu’il soit nécessaire de trouver des alternatives innovantes à la marche. Au-delà des grands temps forts, ce sont des centaines d’événements qui sont concernés.

Avec Latribune.fr