Riziculture : La FAO affirme que le Sénégal fait partie des pays qui ont boosté la production en Afrique de l’Ouest

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Riziculture : La FAO affirme que le Sénégal fait partie des pays qui ont boosté la production en Afrique de l’Ouest

La politique du gouvernement pour atteindre la sécurité alimentaire semble produire ses premiers résultats. Selon le rapport de la Fao, intitulé « Suivi du marché du riz », le Sénégal fait partie des pays de la sous-région qui ont boosté la production en riz en 2015, lit-on dans le lesoleil.sn dans sa livraison du 5 janvier que vivafrik.com a visité.

La production de riz en Afrique de l’Ouest devrait croître de près de 4 % en 2015 en raison notamment de fortes hausses de la production en République de Guinée, au Mali, au Sénégal et en Sierra Leone en dépit des contractions au Tchad, au Ghana, en Mauritanie et au Nigéria. C’est ce qui ressort  du rapport de mise à jour des prix et du suivi du marché du riz de la Fao de décembre 2015. Ce document analyse l’évolution récente du marché mondial du riz et les perspectives à court terme. Ces pays ouest africains, précise le document, ont  bénéficié d’un appui de leur gouvernement en vue d’atteindre l’autosuffisance en riz. Selon ce rapport, la campagne 2015 en Afrique devrait se clôturer à 28,4 millions de tonnes, en recul de seulement 1 % par rapport aux excellents résultats de 2014. Cette baisse, note le document, s’explique par des résultats négatifs en Afrique centrale, orientale, australe et du Nord où une combinaison de facteurs – des pluies intempestives, des sécheresses et des inondations – ont nui aux cultures, en particulier en Égypte et à Madagascar. Les baisses les plus importantes en volume sont prévues dans ces deux pays. Toutefois, la Fao indique que l’essentiel des déficits de production enregistrés dans ces sous-régions devrait être compensés par les excellents résultats en Afrique de l’Ouest où une arrivée tardive des pluies a été suivie par d’abondantes précipitations en juillet.

Une baisse mondiale de 2 millions de tonnes par rapport à 2014

Globalement, souligne le Smr de la Fao, la campagne 2015 paddy touche à sa fin. Mais l’influence probable d’une anomalie climatique liée à El Niño pourrait, au cours des prochains mois, avoir des répercussions notables sur les récoltes de 2015. Car la fin de l’année coïncide avec la période de développement des cultures secondaires. Les prévisions concernant la production de cette campagne ont été revues à la baisse d’environ 2 millions de tonnes depuis le mois d’octobre, après que les perspectives de précipitations insuffisantes dans les principales régions productrices ont été confirmées. Si l’on se fie au rapport de la Fao, sur la base des prévisions actuelles, à savoir 740,2 millions de tonnes (491,5 millions de tonnes de riz blanc), la production mondiale de riz paddy en 2015 devrait se contracter de 4 millions de tonnes. Soit un recul de 0,5 % par rapport à la campagne « déjà décevante de 2014 ». Ce repli devrait être imputable à la fois à des conditions météorologiques défavorables et à la baisse des prix qui ont limité les plantations à 161,1 millions d’hectares. Les rendements se sont établis en moyenne à 4,6 tonnes par hectare. L’essentiel de la baisse prévue de la production mondiale devrait se concentrer en Asie, en particulier en Thaïlande qui a souffert de sécheresses inhabituelles pour la saison. Selon le rapport, même si la contraction en Thaïlande devrait fortement contribuer au repli de 3,1 millions de tonnes de la production prévu en Asie – qui s’élèverait ainsi à 670 millions de tonnes – l’Inde, le Myanmar, le Népal, le Pakistan et les Philippines devraient également enregistrer de fortes baisses.

Les cours internationaux du riz modérés au dernier trimestre de 2015

Selon le rapport de la Fao du mois de décembre, les cours internationaux du riz sont restés modérés au cours du dernier trimestre de 2015. La période a coïncidé avec des récoltes abondantes. Les prix n’ont ainsi cessé de baisser en octobre et novembre 2015, portant l’indice Fao des prix du riz en moyenne à 199 points en octobre et à 196 points en novembre. Le retour prévu des principaux acheteurs sur le marché et les activités d’achats publics en cours ont quelque peu soutenu les prix en décembre portant l’Indice à 197 points. Un niveau qui reste néanmoins inférieur de 4 % à celui de septembre. Le fléchissement des prix observé ces derniers mois a été particulièrement marqué dans le secteur des riz aromatiques dont l’indice a perdu 10 % entre septembre et décembre sous l’effet d’une combinaison de facteurs : la pression des nouvelles récoltes, des stocks de report abondants et un intérêt modéré des acheteurs.

Les importations africaines en baisse d’un million de tonnes en 2015

Selon les dernières estimations de Smr, le commerce international de riz au cours de l’année civile 2015 pourrait fléchir et s’établir à 44,7 millions de tonnes de riz blanc. Soit 2 % de moins que le record enregistré en 2014. La contraction par rapport à l’année précédente s’explique principalement par un fléchissement de la demande d’importation. Plusieurs pays parmi les principaux importateurs traditionnels, ont rentré des récoltes exceptionnelles ou détiennent des stocks abondants.
Sur le plan régional, poursuit le rapport, les pays africains devraient être responsables de l’essentiel de la contraction à l’échelle mondiale. Les exportations à destination du continent africain devraient s’élever à 14,3 millions de tonnes, soit une baisse de près de 1 million de tonnes due notamment à la faiblesse des monnaies nationales et à des politiques axées sur l’autosuffisance en riz.

Moctar FICOU / VivAfrik