Climat: 2015 l’année la plus chaude jamais enregistrée ?

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Le gouvernement américain devrait annoncer ce mercredi que 2015 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, un mois après la conférence sur le climat où les dirigeants du monde se sont engagés à agir contre le réchauffement climatique, rapporte Afp.

Les scientifiques américains doivent diffuser leurs dernières données sur le mois de décembre 2015 à 16H00 GMT à l’occasion d’une conférence téléphonique avec des membres de l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) et de l’Agence spatiale américaine (Nasa) qui répondront aux journalistes.

 AFP / FABRICE COFFRINI Des pistes de ski sans neige le 28 décembre 2015 à Leysin en Suisse

Mais l’annonce de ces chercheurs qui surveillent les températures au-dessus des terres et des océans ne fait guère de doute: 2015 devrait battre largement 2014, qui avait déjà été l’année la plus chaude enregistrée depuis le début des relevés de températures en 1880.

 afp.com / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / SPENCER PLATT  Un homme sur la plage de Brighton le 20 août 2015 dans le quartier de Brooklyn à New York

On sait déjà que neuf des onze premiers mois de 2015 ont battu des records de chaleur, et que « la période comprenant les 11 premiers mois de l’année a été la plus chaude enregistrée à la surface des terres et des océans », selon la NOAA, qui annonce chaque mois les résultats de ses observations.

« Nous sommes virtuellement certains que 2015 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée », a dit sans détour Jake Crouch, scientifique spécialiste du climat à la NOAA.

Des chercheurs d’un autre groupe, Berkeley Earth, qui rassemble des personnes souhaitant alerter sur les effets du changement climatique, ont déjà diffusé leurs résultats.

« Sans aucune ambiguïté, 2015 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée », affirme ce groupe. « Pour la première fois depuis le début des relevés, la température de la Terre est clairement 1°C au-dessus de la moyenne 1850-1900 ».

Le Berkeley Earth était pourtant plus prudent que la NOAA pour dire que 2014 avait été l’année la plus chaude: ces scientifiques indépendants avaient classé 2014 à égalité avec 2005 et 2010.

– ‘Année importante’ –

Mais cette fois, des températures record en Amérique du Sud, au Moyen-Orient et dans certaines parties des Etats-Unis ne laissent pas de place au doute: « Cette fois il est clair que 2015 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, et de loin », a encore souligné Elizabeth Muller, directrice exécutive de Berkeley Earth.

Pour Berkeley Earth, 2015 dépasse 2014 de 0,14°C, selon les relevés de températures globaux au-dessus des terres et des océans.

 AFP / RAPHAEL ALVES Un terrain desséché le 23 octobre 2015 à Manaus au Brésil

Signe que la planète se réchauffe plus vite que jamais en raison des gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère lors de la combustion des énergies fossiles, les 10 années les plus chaudes jamais enregistrées sont toutes intervenues depuis 1998.

Le groupe Berkeley Earth a résumé cela de manière plus directe: la Terre est d’ores et déjà à mi-chemin de l’objectif fixé par les dirigeants du monde, de rester en-dessous d’une augmentation de 2°C des températures par rapport à l’ère pré-industrielle.

La Terre pourrait « dépasser ce seuil d’ici 50 ans », prévient Robert Rohde, scientifique de Berkeley Earth.

La NOAA de son côté a estimé que la seule manière pour 2015 de ne pas devenir l’année la plus chaude serait d’avoir eu un mois de décembre inhabituellement froid, 0,16°C en-dessous du mois de décembre le plus froid jamais enregistré, qui remonte à l’hiver 1916.

Il y a peu de chances que cela se produise quand on sait que pour les Etats-Unis seuls, décembre a été le deuxième mois le plus chaud jamais vu.

Les dirigeants du monde se sont mis d’accord le mois dernier lors de la Conférence sur le climat (COP21) à Paris pour prendre des mesures visant à contenir à 2°C l’augmentation des températures par rapport à l’ère pré-industrielle, un pas important pour tenter de limiter les effets du réchauffement.

Mais les Etats-Unis, un des plus gros pollueurs au monde, comptent toujours beaucoup de climato-sceptiques, notamment chez les élus du Congrès, qui doutent ou nient complètement l’influence de l’homme dans le changement climatique.

« Je pense que pour les futures générations 2015 sera vu comme une année importante mais pas décisive dans la lutte pour aligner les politiques avec la science », a estimé l’ancien astronaute et spécialiste du climat Piers Sellers dans un éditorial du New York Times il y a quelques jours.

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