Côte d’Ivoire : le Lycée Sainte-Marie érige un « laboratoire » pour freiner les grossesses précoces en milieu scolaire

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Le lycée Sainte-Marie a fait de la lutte contre les grossesses précoces en milieu scolaire son cheval de bataille. Située dans le quartier chic de Cocody et réputée pour ses excellents résultats, ce temple du savoir a désormais pour slogan «zéro grossesse en milieu scolaire ». Et pour donner corps à cette conception, le Lycée Sainte-Marie compte s’appuyer sur les «leçons de la vie » avec l’appui du Fonds des Nations-unies pour la population (Fnuap), révèle starafrica.com.

Le calme est la première ambiance qui accueille tout visiteur de cet établissement crée en 1962, soit deux ans après l’indépendance de la Côte d‘Ivoire. A l’intérieur, la discipline est de mise. Un jardin bien entretenu et de nombreux arbres offrent un cadre agréable avec des messages de sensibilisation placardés à quelques endroits dudit lycée exclusivement dédié aux filles. Une classe de seconde A, où sont installées quelques 40 jeunes filles accueille, ce mardi, des « élèves peu ordinaires », parmi lesquels, le directeur du Bureau régional du Fonds des Nations-unies pour la population pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre ((Fnuap-Braoc), Mabingué Ngom en visite de travail dans la capitale économique ivoirienne depuis dimanche. Assis au fond de la salle avec ses collaborateurs dont la représentante résidente du Fnuap en Côte d’Ivoire, Suzanne Konaté Maïga et plusieurs cadres du ministère en charge de l’éducation nationale, M. Ngom suit Christine Gouamené, enseignante d’Anglais, en charge de ce module « leçons de vie », sous le regard du proviseur de l’établissement. Sans complexe, et sans tabous, le thème « la contraception et le droit des jeunes en santé sexuelle » est passé en revue. La méthode participative est employée. Les méthodes de contraception entre autres les contraceptifs, les préservatifs sont enseignées aux jeunes filles avec un accent mis sur l’abstinence. Au cours des échanges, Deborah s’inquiète des conseils et de l’enseignement de Mme Gouamané. Pour elle, c’est une incitation à l’acte sexuelle malgré l’accent mis sur l’abstinence. Une question qui a suscité un léger bruit dans la salle. « L’abstinence reste la solution pour des jeunes de leur âge. Mais cela n’empêche pas qu’on donne l’information », lui répond l’enseignante. L’hôte du jour, Mabingué Ngom, marque sa satisfaction après avoir assisté à ce cours, saluant le proviseur et l’ensemble des encadreurs pour la qualité de l’enseignement et du travail. « C’est un modèle à féliciter. Je pense qu’il faut organiser des séances portes ouvertes avec les autres établissements », a-t-il conseillé. « L’introduction de la santé sexuelle dans le programme est une bonne thématique car nous avons été scandalisé avec la ministre de l’éducation nationale en tête qu’en 2013, qu’à l’école on a découvert plus de 5000 cas de grossesses », a pour sa part indiqué le proviseur, Fatimata Christine Marie Allou. « Nous sommes à zéro cas de grossesse depuis plusieurs années. C’est la sensibilisation », explique-t-elle. «On fait une démarche de proximité avec les filles. Nous avons un internat avec environ 350 filles. Cela nous permet de continuer la sensibilisation en dehors des salles des classes », ajoute le proviseur de ce lycée d’excellence qui compte 1481 élèves. Selon le ministère de l’éducation nationale, sur la période allant d’octobre 2014 à la mi-mars 2015, il a été dénombré dans les établissements d’enseignement primaire et secondaire de Côte d’Ivoire 5.992 cas de grossesses contre 6.800 cas l’année dernière. Dans les écoles du primaire, ce sont 672 cas qui ont été recensés dont 5 fillettes de 9 et 10 ans, 95 de 11 ans et 559 de plus de 11 ans. Au secondaire, il y a 4.250 cas de grossesses, dont une proportion de 23% de jeunes filles de plus de 18 ans, 30% dont l’âge varie entre 9 et 15 ans et 47% entre 16 et 18 ans.

Moctar FICOU / VivAfrik

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