Afrique australe : la malnutrition hante le sommeil des populations, l’Unicef alerte

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L’ONU met en garde. 14 millions de personnes pourraient manquer de nourriture cette année en Afrique australe en raison de la sécheresse. La région connait la pire sécheresse en 30 ans, aggravée par le phénomène climatique El Niño. Le fonds des Nations unies pour l’enfance est particulièrement inquiet. Selon l’Unicef près d’un million d’enfants sont déjà atteints de malnutrition aiguë sévère sur les deux régions touchées : l’Afrique australe et l’Afrique de l’Est, a relaté ce jeudi rfi.fr et parcouru par vivafrik.com.

L’Onu qui crie au scandale estime que les chiffres sont alarmants. Rien que sur l’Afrique australe, plus de 250 mille enfants sont atteints de malnutrition aiguë sévère. C’est-à-dire des enfants qui ont perdu beaucoup de poids et qui ont besoin d’une prise en charge immédiate.  Les principaux pays touchés sont le Zimbabwe, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique. Des pays où la production agricole a chuté en raison de l’absence de pluies. Conséquence : les prix ont augmenté et les habitants ont réduit leur nourriture. Pour Megan Gilman, de l’Unicef, l’impact de la sécheresse sur les enfants est largement sous-estimé. « Il y a souvent des épidémies de rougeole et d’autres maladies quand les enfants sont malnutris, car ils deviennent très vulnérables. L’autre aspect qui aura un impact sur le long terme, c’est la déscolarisation, déplore-t-elleLes enfants quittent l’école parce que les parents ne peuvent plus payer et commencent à travailler. Une fois qu’ils sont sortis du système scolaire, c’est très difficile de les y remettre. »

Au Malawi, 1/5 de la population est menacée par la faim. Selon Mahimbo Mdoe, la situation s’est nettement détériorée ces trois derniers mois. « Nous commençons à voir des comportements désespérés, surtout chez les filles. Par exemple, on voit de plus en plus de commerce sexuel en échange de nourriture. De plus en plus d’enfants quittent l’école. Et on assiste à une multiplication des maladies, notamment du choléra» Selon le fonds des Nations unis pour l’enfance la situation va s’aggraver cette année et en 2017. Car les récoltes sont insuffisantes et les pays n’ont pas les réserves pour faire face à cette crise.

Moctar FICOU/ VivAfrik