Produits alimentaires : la production du cacao et du sucre connait sa chevauché

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Le cacao et le sucre ont fortement progressé cette semaine, l’un porté par la sécheresse en Afrique de l’Ouest et l’autre par une prévision de déficit sur le marché, tandis que le café s’est de nouveau retrouvé sous la pression du réal. Les cours de la fève brune ont profité cette semaine d’un regain d’inquiétude sur la récolte d’Afrique de l’Ouest, de loin la plus grosse région productrice de cacao au monde, pour grimper jeudi à leur plus haut niveau depuis six semaines et demie à Londres et cinq semaines et demie à New York, à respectivement 2.215 livres sterling la tonne et 2.968 dollars la tonne. « C’est un marché météorologique en ce moment, les vents de l’Harmattan soufflant sur l’Afrique de l’Ouest étant la principale raison poussant les opérateurs à l’achat », a observé Jack Scoville, analyste chez Price futures group dans les colonnes du journal lemaghrebdz.co. La région connaît actuellement sa saison sèche, mais « les vents de l’Harmattan (la) rendent exceptionnellement chaude et sèche », alors les opérateurs s’attendent à ce que la récolte intermédiaire – sur les mois de mai à août pour la Côte d’Ivoire et le Ghana (les deux plus gros producteurs au monde) – soient « plus faible que la normale du fait du temps sec », a expliqué M. Scoville.

Le déficit à venir sur le sucre se creuse

Les cours du sucre ont débuté la semaine sur une hausse timide, aidés par des achats à bon compte après les plus bas en près de cinq mois atteints le vendredi précédent, avant de bondir mardi à la suite de la publication de données prévoyant un déficit plus marqué cette saison. « Le cours du sucre brut a bondi mardi de près de 9%, enregistrant sa plus forte hausse journalière depuis juillet 2015 », ont observé les analystes de Commerzbank. « Il y a eu un déclencheur fondamental » pour le bond des cours à New York et à Londres avec la publication d’un rapport de l’Organisation internationale du sucre (Iso), qui a révisé à la hausse sa prévision de déficit sur le marché mondial du sucre, a-t-on relevé chez Commerzbank. L’Iso s’attend en effet, selon sa deuxième estimation, désormais à ce que la consommation dépasse la production de 5,018 millions de tonnes (Mt) lors de l’année sucrière allant d’octobre 2015 à septembre 2016, contre un déficit de 3,527 Mt estimé dans son rapport de novembre. Continuant sur leur lancée haussière, les cours sont montés vendredi à Londres à 409,70 dollars la tonne de sucre blanc, au plus haut depuis près d’un mois, et à New York à 14,26 cents la livre de sucre brut, un sommet en cinq semaines.

Le café de nouveau sous pression

 Les cours du café ont faibli cette semaine, subissant un nouveau mouvement de vente spéculatif, a relevé Jack Scoville. Le prix de la tonne de robusta échangée à Londres est même tombé jeudi à 1.342 dollars, son niveau le plus faible en cinq semaines. L’agence de notation financière Moody’s a relégué la dette souveraine du Brésil en catégorie spéculative et cela a entraîné un mouvement de vente sur le café, a expliqué M. Scoville. En effet, cette décision de Moody’s, citant une dette croissante et l’instabilité politique dans la première économie d’Amérique latine, a pesé sur la devise brésilienne face à la monnaie américaine. La faiblesse du réal face au dollar, devise dans laquelle sont libellés les achats de café, pousse en effet les producteurs à vendre leur récolte pour obtenir davantage de billets verts, ce qui a tendance à peser sur les prix. Sur le liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en mai valait 1.372 dollars vendredi vers 10H15 GMT, contre 1.419 dollars le vendredi précédent vers 15H40 GMT mais pour livraison en mars. Sur l’ICE futures US de New York, la livre d’arabica pour livraison en mai valait 116,60 cents, contre 116,10 cents sept jours auparavant. A Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en mai valait 407,30 dollars, contre 368,20 dollars le vendredi précédent. A New York, la livre de sucre brute pour livraison en mai valait 14,23 cents, contre 12,69 cents sept jours auparavant. A Londres, la tonne de cacao pour livraison en mai valait 2.194 livres sterling, contre 2.106 livres sterling le vendredi précédent. A New York, la tonne pour livraison en mai valait 2.948 dollars, contre 2.880 dollars sept jours plus tôt.

Moctar FICOU / VivAfrik

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