Sénégal : mauvaises conditions météorologiques, vecteurs de maladies pulmonaires

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Le vent, la qualité de l’air, les inondations, la température, des polluants industriels et de transport sont autant de conditions météorologiques néfastes à la santé des sénégalais. Face à ces changements qui bouleversent l’organisme et entrainent des maladies, au-delà du système d’alerte, la météo veut coproduire un bulletin unique avec des conseils pratiques en santé, en collaboration avec des experts en santé, afin d’arriver à effectuer réellement l’évaluation de l’impact des événements météorologiques sur la santé publique, consciente qu’«il y a bien des conditions météorologiques qui sont néfastes à la santé», lit-on dans sudonline.sn dans sa livraison d’hier.

«Les épisodes de méningite sont souvent corrélées aux vents de poussière, à de l’air sec. Par ailleurs, il y a également les conditions de vent, température et pression qui détériorent l’air. Car, selon leur valeur et leur configuration, les polluants rejetés par l’industrie et le transport peuvent être dispersés ou stagnants. Dans ce cas, les activités en plein air devraient être limitées. Donc il y a bien des conditions météorologiques qui sont néfastes à la santé». La directrice de la météorologie à la l’ANACIM alerte. Pour prévenir les effets néfastes des changements climatiques sur la santé des populations, Dr Aïda Ndiongue Niang, interrogé par Sud Fm Sen Radio, hier à l’occasion de Journée internationale de la météorologie, a souligné que les secteurs de la santé et de la météo doivent se donner la main. «Il est surtout important de mieux renforcer ces échanges et arriver à avoir également des études interdisciplinaires». D’ailleurs, il est prévu de tenir un atelier d’échange qui devrait aboutir à un protocole de développement de produits pour les systèmes d’alerte précoce. En attendant, Dr Aïda Ndiongue Niang a attiré l’attention sur la température, des maladies hydriques faisant suite aux inondations. Selon la directrice de la météo, «il y a également certaines conditions météorologiques qui sont liées plutôt à la direction et à l’intensité des vents et certaines configurations de l’atmosphère qui peuvent être à l’origine de soulèvement de poussière. Et, ces soulèvements sont très néfastes pour les personnes qui ont un problème respiratoire comme ceux qui ont l’asthme, des allergies». C’est fort de cette conviction que la directrice de la météorologie à la l’ANACIM en appel à la coproduction d’un bulletin unique. «Actuellement, la météo produit des bulletins de prévision et d’alerte en cas de forte chaleur et de tempête de poussière. Mais, ce qu’on voudrait, c’est arriver à coproduire, avec les experts de la santé, un bulletin unique qui va au-delà des alertes et qui doit fournir des conseils qui sont donnés par les experts de la santé et qu’on arrive à effectuer réellement l’évaluation de l’impact des événements météorologiques sur la santé publique». C’est pourquoi, «maintenant, les échanges entre experts en sciences météorologiques, climatiques et ceux de la santé se feront de plus en plus. Mais, il faut dire que c’est un secteur émergent pour nous. D’ailleurs, au niveau national, nous sommes en train de lancer le Cadre national des services climatologiques. L’objectif de ce cadre est de renforcer l’offre de services, des services météorologiques et climatologiques fiables et fondés sur la science. Donc, le but, c’est de faciliter la prise de décision et la planification pour les secteurs qui sont sensibles aux changements climatiques. Et la santé est un des secteurs prioritaires», a fait savoir Dr Aïda Ndiongue Niang.

Forte perturbation des cycles naturels et des saisons, fréquence de phénomènes extrêmes : «Plus chaud, plus sec, plus humide: regardons l’avenir en face»

Les impacts négatifs des changements climatiques sont perceptibles, au Sénégal, à travers une forte perturbation des cycles naturels et des saisons, entrainant une augmentation de la fréquence et de l’intensité de certains phénomènes météorologiques extrêmes comme les vagues de chaleur, les sécheresses mais également, de temps en temps, des fortes précipitations. Ce constat est de Maguèye Marame Ndao, directeur de l’ANACIM qui s’exprimait mercredi 23 mars, à l’occasion de la célébration de la Journée météorologique mondiale. Cette année encore, les changements climatiques sont au cœur de la Journée météorologique mondiale. Le thème choisi par l’Organisation météorologique mondiale (Omm) est : «Plus chaud, plus sec, plus humide : regardons l’avenir en face.» Réagissant par rapport à ce thème et aux effets des changements climatiques au Sénégal, à travers les ondes de Sud Fm Sen Radio, Maguèye Marame Ndao a indiqué que l’avenir est peu reluisant à cause des changements climatiques et de leurs impacts négatifs dans notre pays. Selon le directeur de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM), «les changements climatiques se traduisent par une forte perturbation des cycles naturels et des saisons. Ce qui crée une augmentation de la fréquence et de l’intensité de certains phénomènes météorologiques extrêmes comme les vagues de chaleur que vous avez pu également constater, des sécheresses mais également, de temps en temps, des fortes précipitations. Vous savez très bien que certaines de nos côtes connaissent le phénomène de l’érosion côtière. Et vous avez également pu noter, surtout au dernier trimestre de 2015, une élévation de température entre 2 à 4°C par rapport à la moyenne saisonnière». En atteste, a relevé Maguèye Marame Ndao, «rien que le mois de janvier 2016 a été l’un des mois de janvier les plus chauds, où on a pu noter une valeur moyenne de la température de 27,8°C, comparée à la moyenne statistique qui tourne au tour de 25°C. Pour vous dire également que ces changements climatiques amènent une forte perturbation de la circulation au niveau de la surface des mers et de l’atmosphère. Ce qui occasionne des aléas météorologiques très importants, créant ainsi des tsunamis à travers le monde et également beaucoup de phénomènes extrêmes», a-t-il souligné. La Journée internationale de la météorologie commémore l’entrée en vigueur, le 23 mars 1950, de la Convention instituant l’Organisation météorologique mondiale (Omm). L’Omm, qui a lancé son nouveau site ce mercredi, a contribué au progrès rapide des sciences météo-climatiques, des technologies connexes et de la coopération internationale. Cette évolution s’est vite traduite par la mise en place de systèmes opérationnels d’envergure mondiale pour la protection des personnes et des biens et l’atténuation des effets des catastrophes naturelles, ainsi que par la mise en œuvre de toute une série d’activités socio-économiques menées au profit d’un développement durable défini comme le développement qui satisfait les besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de satisfaire les leurs.

Le bulletin météo un élément vital à Mbour

La journée mondiale de la météorologie est célébrée mercredi, à Mbour, à l’antenne de l’Institut de recherche pour le développement (Ird) autour du thème «Plus chaud …plus sec …plus humide ». Plusieurs activités, au menu de la journée ont permis à différents acteurs du développement de mesurer l’importance d’accéder aux infos de la météo à partir d’explications, de projections de films vidéo et d’exposés pour des collégiens de la classe de 3ième. Ousmane Ndiaye, un agent de l’agence nationale de la météorologie a passé en revue l’importance de l’info météo. A l’en croire, la météo a des impacts dans plusieurs secteurs et permet la planification d’activités. Dans le domaine de l’agriculture, ses explications ont permis de comprendre la nécessité de prendre certaines dispositions avant de faire des semis. Le préalable est de s’informer sur les possibilités de pluie, leur espacement d’une part et d’autre part, un paysan devant mettre des engrais se doit aussi de prendre des infos de la météo pour ne pas voir son produit sans effet. Prenant l’exemple sur l’actualité relative à la disparition de pêcheurs en mer, le météorologiste a fait part de la nécessité de consulter le bulletin météo avant toute sortie en mer. Les mêmes dispositions sont de mise pour le tourisme. Sur le plan de la santé, la météo explique la zonation de certaines maladies. D’une manière générale, selon lui, la météo est une nécessité vitale. Auparavant, le météorologiste a fait le point avec les élèves du collège zone sud de Mbour sur des questions de base comme les définitions de certains concepts comme l’orage (éclair-foudre –tonnerre), le temps, le climat (les facteurs et les éléments). Des clarifications ont été données sur les changements climatiques avec ses effets comme l’érosion côtière et le défi d’adaptation auquel on est confronté. Ces derniers ont eu droit à une visite guidée pour voir les instruments d’enregistrement de la station météo de Mbour. Le préfet de Mbour a insisté sur l’info météo tout en demandant de la présenter en des termes clairs et accessibles à tout le monde. Bayaty Babou, adjoint au maire de Mbour a salué le rôle de la météo avec les efforts faits à Mbour pour donner des infos aux pêcheurs chaque jour .Il a illustré ses propos par rapport aux changements climatiques sur les inondations enregistrées à Mbour en 2015 suite à des pluies exceptionnelles.

Moctar FICOU / VivAfrik

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