Christine Sagno irritée par la destruction excessive des forêts en Guinée forestière

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Interrogé par guinéenews sur la question, Christine Sagno, ministre de l’environnement, des eaux et forêts n’est pas passée par le dos de la cuillère pour dénoncer la destruction des forêts dans la région de la Guinée forestière. « C’est vraiment alarmant », dit-elle. Ajoutant que « la chaleur que j’ai vécue à N’zérékoré, est inhabituelle parce qu’il y a la coupe abusive de bois avec l’agriculture sur brûlis qui s’y pratique. Et comme vous le savez, nous sommes actuellement dans la période des changements climatiques. La chaleur déjà, est l’un des effets du changement climatique », a fait remarquer la ministre de l’environnement.

Mme Sagno a fait ce constat amer après une visite de terrain en Guinée forestière où les effets du réchauffement climatique se font de plus en plus sentir à cause de la destruction excessive des forêts qui s’y pratique. Suffisant pour elle d’inviter chaque guinéen à s’impliquer dans la protection de l’environnement afin d’éviter d’assister à la désertification du pays. A en croire guineenews.org qui a tendu son micro à la ministre de l’environnement, elle dit avoir constaté, sur le terrain, en plus de l’agriculture sur brûlis, on assiste aussi à la destruction des forêts par les routiers et les miniers. « Cela touche de grandes superficies de nos forêts. Les projets routiers coupent les bois pour tracer des passages. Et le constat est que ces sociétés ne paient rien en compensation. Nous avons donc de sérieux problèmes avec ces projets routiers », dénonce-t-elle. Avant de rappeler qu’après la COPE 21, il a été sollicité que l’environnement soit une priorité pour tous les pays. Parce qu’aujourd’hui, le climat a changé partout. En Guinée, Christine Sagno estime  qu’à cette allure actuelle, « après cinq ans, on ne parlera plus de forêt en région forestière. Avec le rythme de recul que nous avons constaté, si ça continue comme cela, ce serait le désert », a-t-elle indiqué. C’est pourquoi, la ministre de l’environnement, à l’occasion de la campagne de reboisement prévue cette année, invite chaque guinéen à planter un arbre. « Un adage dit : celui qui plante un arbre n’a pas vécu inutile », a-t-elle souligné. Et d’ajouter : « si on ne prend pas des dispositions dès maintenant, on risquerait d’aboutir à la catastrophe. Parce que sans les forêts, il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de bon climat, il n’y a pas de microclimat. Nous sommes appelés à nous investir pour le reboisement, pour la lutte contre les feux de brousse, même l’agriculture sur brûlis, il faut sensibiliser les agricultures pour qu’ils descendent dans les bas-fonds pour éviter les brûlis et la coupe abusive de bois. Les problèmes environnementaux ne doivent pas concerner que le département de l’environnement, ils doivent être la préoccupation de tout le monde. Ce n’est pas une question du ministère, c’est une question de la Guinée. Et je sais que c’est la vision du président de la république, qui, chaque fois m’interpelle sur les cas de la coupe abusive dans telle ou telle préfecture ».

guinee-actu.com qui s’est intéressé au sous-équipement du département note le cri de cœur de Mme Sagno qui soutient qu’« en réalité, tant que le ministère de l’environnement est sous-équipé, il nous sera difficile d’atteindre nos objectifs. Parce que quand il y a feu de brousse dans une sous-préfecture par exemple, mes agents n’ont même pas une bicyclette pour s’y rendre. Pour le faire, ils sont obligés d’attendre les jours de marché hebdomadaire, au moment où le feu a fini de tout brûler. Le premier besoin immédiat, c’est l’équipement de l’environnement parce que l’environnement ne se traite pas dans les bureaux, c’est sur le terrain. Et pour aller sur le terrain, il faut les moyens nécessaires », fait remarquer la ministre. Elle cite à cet effet l’exemple sénégalais où, selon elle, le ministère de l’’Environnement est le ministère le plus équipé, avec des hélicoptères pour le contrôle des aires protégées et les forêts classées.  « Nous avons formé des gardes forestiers qui n’ont reçu que la formation militaire et non la formation technique. Nous sommes en train de nous battre pour trouver un financement afin de renforcer leurs capacités pour qu’ils soient à mesure de faire un procès-verbal, soit d’un braconnage ou d’une coupe abusive de bois dans une zone bien définie », souhaite Christine Sagno.

Elle annonce en outre que son département a déjà eu l’aval de l’Afd (agence française de de développement) à travers l’ambassadeur de France en Guinée, qui s’est engagée à les appuyer non seulement pour renforcer les capacités des 2000 agents forestiers qui ont été formés, mais aussi former le reste du personnel des eaux et forêts en commune de base pour qu’il soient formés aussi et habillés en corps paramilitaire. Pour l’heure, le département ne compte que 40 ingénieurs spécialistes des questions environnementales. « Je voudrais donc mettre l’occasion à profit pour remercier l’ambassadeur de France qui s’est engagée à nous appuyer à travers l’Afd. Le projet est déjà sur sa table et je crois qu’elle est prête à nous accompagner. Je voudrais aussi remercier le PNUD qui nous appuie constamment, qui finance des projets au niveau des forêts et au niveau de l’environnement. Il en est de même pour l’UNICEF aussi qui nous appuie pour l’assainissement. Donc, nous avons beaucoup de partenaires qui sont prêts à nous accompagner dans notre noble mission qui est la protection de l’environnement », a conclu la ministre de l’environnement, des eaux et forêts.

Moctar FICOU / VivAfrik

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