Célébration de la journée mondiale de l’environnement au Sénégal : Bargny refuse de sombrer

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 Dans le cadre de la Journée mondiale de l’environnement, les populations de Bargny ont encore tiré la sonnette d’alarme. Les carrières de la Sococim ajoutées aux travaux du Pôle urbain de Diamniadio inquiètent les habitants.

«Halte aux tirs de mines», «Bar­gny ville polluée», «nous voulons nos terres» ont été les messages les plus saillants lancés par la génération 109 (G 109) qui a mobilisé la population pour une marche pacifique dimanche à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, informe lequotidien.sn. Il y’a en effet de quoi s’alarmer pour la commune aux spécificités bien particulières. «Le Pôle urbain de Diamniadio au nord nous a pris 2000 hectares, au sud y’a la mer qui avance et à l’est la Sococim industries avec 461 hectares frauduleusement accaparés sans oublier la centrale à charbon de l’autre côté ; ce qui ouvre des lendemains incertains», dénonce Babacar Cissé coordonnateur du G 109. Ces protestataires en veulent plus particulièrement à la Sococim dont les tirs de mines ont des conséquences désastreuses. «Aucun des murs de ma maison construite il y a juste 5 ans, n’a pu résister aux effets des tirs de mines. Tous les pans des murs sont fissurés», regrette Mamadou Diouf, imam de la mosquée du quartier Médinatoul Mounawara situé à quelque 500 mètres des carrières de la Sococim. L’imam d’afficher toutefois son pessimisme pour la fin du calvaire. «L’autorité nous a simplement signé une autorisation de pleurer», raille-t-il, allusion à la marche pacifique. «L’Etat ne peut rien faire contre la Sococim soutenue par de puissants lobbies», assure ainsi M. Diouf.

Pour Tamsir Mbengue, il ne suffit que la bonne volonté de la part de la Sococim pour que le problème soit réglé. «La Sococim utilise jusqu’à présent des mines non électriques alors qu’il est recommandé d’utiliser des mines électriques pour en atténuer l’effet acoustique», explique-t-il en appelant l’usine du ciment à prendre en compte l’aspect «res­pon­sabilité sociétale de l’entreprise» pour épargner les Bargnois. Bargny doit être l’exemple d’une ville durable, pense le maire Abou Seck ayant participé à la rencontre. Selon lui, il s’agit de trouver une symbiose parfaite entre «activité économique et droit des citoyens et préservation de l’environnement».

Moctar FICOU / VivAfrik

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