Quand Homebiogas se sert des déchets alimentaires pour la cuisson

1

Faire la cuisine grâce au gaz produit par les déchets alimentaires, c’est la solution que propose la société israélienne Homebiogas. Cette prouesse qui a fini de faire le tour du monde est l’œuvre d’un inventeur israélien qui transforme les déchets alimentaires en gaz. Cette société a réussi à mettre au point un « digesteur » qui transforme la matière organique en biogaz. Si le procédé biologique était déjà connu depuis plusieurs années, Homebiogas en a fait un système à taille humaine qui peut-être installé en quelques heures au fond d’un jardin.

Chaque année, renseigne observers.france24.com qui a rendu publique ce succès planétaire, 1,3 milliards de tonnes de nourriture sont gaspillés à travers le monde, soit un tiers de la nourriture destinée à la consommation humaine mondiale. En Europe et aux États-Unis, le consommateur est le premier responsable de ce gaspillage. Selon une étude de la Commission européenne en 2010, les foyers seraient à l’origine de 42 % des déchets alimentaires, devant l’industrie agroalimentaire (39 %). Mais avec le système Homebiogas, plus question de jeter les restes de nourriture. En versant un kilo de déchets (restes de nourriture ou déjections animales), le digesteur produit 200 litres de gaz, ce qui permet de cuisiner une heure à feu vif selon l’entreprise. « C’est une solution pour les pays en développement comme pour les pays développés »

Yair TellerBiogas

Il y a 10 ans, je me suis rendu en Inde pour une étude sur la pollution des eaux. J’étais hébergé dans un village tout en haut d’une montagne dans une zone totalement isolée. Mais dans leur maison, la famille chez qui j’étais avait…du gaz. Ils m’ont montré leur digesteur artisanal : du fumier de vache était placé dans un trou dans le sol puis pompé dans la cuisine comme gaz de cuisson. Cela produisait également un liquide qui était ensuite utilisé comme engrais.Home

« Lutter contre le déboisement »

C’est une super solution pour les pays en développement. Le gaz avec lequel ils cuisinaient était propre et moins nuisible que les fumées issues de la cuisson à partir de bois. De nombreuses études ont en effet montré que l’utilisation domestique de bois de feu cause des maladies respiratoires, notamment chez les femmes et les enfants. Leur initiative permettait aussi de lutter contre le déboisement.
J’ai donc mis en place une équipe avec des amis pour réfléchir à un système commercialisable qui s’inspirerait de ce que j’avais vu en Inde. Je voulais mettre en œuvre une machine que l’on puisse installer facilement chez soi, qui ne soit pas trop envahissante et moche. Nous avons travaillé pendant plusieurs années sur Homebiogas avant de le commercialiser sur Internet à partir de l’an dernier.

« Six tonnes de CO2 économisés en un an »Bio

Ce système est utilisable dans les zones rurales et dans les villages, mais aussi dans les zones périurbaines et urbaines, même s’il faut avoir un jardin. L’avantage, c’est que cela permet d’apporter de l’énergie propre dans des zones où l’accès à l’électricité est difficile. Mais c’est aussi une machine qui peut être utilisée dans les pays développés. En revanche, cela marche mieux dans les pays où il fait chaud : la température accélère le processus.
Nous avons déjà vendu 500 Homebiogas sur Internet. Les acheteurs sont souvent des particuliers et viennent de 25 pays différents dont notamment Israël, le Mexique, l’Australie et l’Afrique du Sud. Nous avons également installé des digesteurs dans un village palestinien en Cisjordanie. (Le projet, lancé en 2015 à Al-Awja, avait permis l’installation d’une quarantaine de générateurs de biogaz dans des villages bédouins. Le projet, organisé par le centre Peres pour la paix, avait été financé à hauteur de 500 000 euros par l’Union européenne, Ndlr).Solution bio

Le prix est de 995 dollars, soit 880 euros. Selon nos calculs, trois ans suffisent à rentabiliser le produit grâce aux économies réalisées avec la production autonome de gaz et d’engrais. Nous estimons qu’en un an, Homebiogas permet d’économiser six tonnes de CO2.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here