Le financement agricole vu par la société civile sénégalaise

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Les différents acteurs non étatiques du Sénégal ont défini le contenu de leurs activités de plaidoyer à l’endroit du gouvernement et de l’Assemblée nationale pour la mise en œuvre effective du programme national d’investissement agricole (Pnia) et des engagements de Malabo. C’était le 11 juillet à Dakar à l’occasion d’une rencontre organisée par One et la Coalition des organisations de la société civile (Cnc) pour valider le document de mise en œuvre du programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (Pddaa). Une occasion de questionner le financement de l’agriculture par la société civile.

La Coalition des organisations de la société civile pour le suivi du programme national d’investissement agricole (Pnia) du Sénégal s’est réunie lundi 11 juillet à Dakar, sous l’égide de l’ONG One, pour analyser selon sudonline.sn la mise en œuvre du programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (Pddaa) au Sénégal. Il s’agissait pour ses membres de s’accorder sur le contenu du plaidoyer à mener avec ses partenaires pour accompagner le gouvernement dans la deuxième phase du Pddaa. «Cet atelier de validation de la mise en œuvre du Pddaa permettra une meilleure sensibilisation et renforcement des connaissances des acteurs non étatiques sur les cadres de politiques liées à l’audit du programme pour faciliter l’efficacité de son processus au Sénégal», a signalé Ouli Keita, représentante de One. Selon elle, ce document, validé, sera «une référence de plaidoyer à l’endroit du gouvernement et de l’Assemblée nationale pour la mise en œuvre effective du Pnia et le respect des engagements de Malabo pour les années à venir.» Pour la directrice d’ActionAid, cette rencontre est très importante pour le continent dans la mesure où elle permet d’évaluer l’état de la mise en œuvre des textes ratifiés et des engagements pris au niveau international. Car, il est surtout important, à son avis, de savoir où sont investis les 10% du budget national des pays qui avaient pris l’engagement à Malabo de les verser à l’agriculture. «Cette rencontre devrait nous permettre de voir est-ce que l’argent promis n’est pas orienté vers l’agrobusiness alors qu’elle est destinée à soutenir les petites exploitations familiales», a déclaré la directrice d’ActionAid Senegal. Khady Fall Tall, présidente de l’Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest (Afao), tient le même langage: «Pensez-vous à ce jour que la qualité des investissements dans l’agriculture s’est améliorée ? Qui le dit doit le prouver. Est-ce que la base a capté les ressources des 10 % pour lesquels Maputo s’était prononcé ? » Pour elle, il faut questionner ce qu’a coûté l’eau, les climatiseurs, les salaires, les voitures et ce qui est parti à Lambaye, dans son village.

Amadou Makhtar Mbodj, secrétaire général du conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr), a signalé pour sa part, la nécessité pour l’Etat d’accompagner efficacement les petites exploitations familiales, de soutenir les organisations paysannes, de sécuriser le foncier et de réguler le marché qui est un levier incontournable, à son avis, pour favoriser la productivité agricole. Pour apporter toute réponse aux questionnements de la société civile, Pape Amadou Sarr, conseiller technique du ministre de l’économie et des finances, a soutenu que le financement de l’agriculture par l’Etat du Sénégal est passé de 177 milliards FCFA en 2011 à 279 milliards FCFA en 2014. Ce qui traduit selon lui une nette performance.

Moctar FICOU / VivAfrik

 

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