Près de 68 milliards de francs CFA de l’UEMOA injectés dans les secteurs des ODD et de l’accès à l’eau potable

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Le Sénégal a certes fait des efforts considérables en matière d’accès à l’eau potable avec un taux global de 87,2%. Mais avec les disparités régionales qui persistent, des efforts supplémentaires sont nécessaires. C`est dans ce cadre que s’inscrit le programme d’hydraulique villageoise et d’assainissement de la Banque islamique de développement (Bid)-Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).

Au Sénégal, des performances importantes ont été enregistrées en matière d’accès à l’eau potable. En 2015, le pays a atteint la cible eau des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) avec un taux global d’accès à l’eau potable de 87,2%. En milieu rural, ce taux était de 86,6 %. Des avancées qui ca­chent mal une disparité régionale importante. «A l’analyse du taux de couverture géographi­que par adduction d’eau qui se situe à 58,3% et des nouvelles exi­gences de la cible 6 des Ob­jectifs de développement durable (Odd), il apparaît avec fulgurance que des ef­forts, encore beaucoup plus im­por­tants, restent à faire», indique le ministre sénégalais de l’hydrau­li­que et de l’assainissement, Man­sour Faye, à l’occasion du lancement du Pro­gramme hydraulique vi­llageoise et assainissement Ban­que islamique de développement (Bid)-Union économique et mo­nétaire ouest-africaine  (Ue­moa) dans les colonnes du journal lequotidien.sn.

Ce programme qui cible les régions de Matam, Tamba­coun­da, Kédougou et Kolda va permettre, selon Ibrahima Diémé, commissaire chargé du département de la sécurité alimentaire, de l’agriculture, des mines et de l’environnement de la commission de l’Uemoa, de réaliser 940 forages équipés de pompes à motricité humaine, 209 mini adductions d’eau solaires, thermiques ou électriques, 21 adductions d’eau multi-villages, 6 postes d’eau autonomes, 19250 la­tri­nes privées et 720 latrines publiques.
Au total, ce programme qui va nécessiter un financement global de 136,8 millions de dollars (près de 68 milliards de francs Cfa) dont 87,5 % de la Bid et 41 millions de l’Uemoa, alloue 12,5 millions de dollars, soit 6,25 milliards de francs Cfa à chaque pays. Par son financement, il expérimente un nouveau mécanisme de financement innovant dit «Triple win». Il s’agit d’un mé­canisme qui va permettre à l’Uemoa d’augmenter considérablement, le volume de ses interventions et à la Bid de mobiliser d’importantes ressources au profit des pays de l’Uemoa.

Selon Mansour Faye, ce projet va permettre «d’améliorer les con­ditions d’hygiène et de santé des populations et de réduire les corvées d’eau pour les femmes et les jeunes filles». Le ministre indique aussi, que le Sénégal compte bien assurer la pérennisation de ces infrastructures. U­ne dynamique qui va se consolider avec les réformes entreprises dans la gestion des ouvrages d’ap­provisionnement. Les­quelles réformes permettent d’impliquer le secteur privé dans la gestion du service public de l’eau potable à travers des con­trats d’affermage assortis de contrats de performance. Ce programme est le deuxième du gen­re mené par l’Uemoa. Dans une première phase, l’organisation avait réussi, grâce à la mobilisation d’un financement de 34 milliards de francs Cfa, à réaliser quelque 3 450 forages opérationnels dans les 8 pays membres. D’ailleurs, une cérémonie de ré­tro­cession d’ouvrages de l’Ue­moa au Sénégal est prévue.