Un dialogue de sourds entre les producteurs d’engrais nigérians et l’exécutif

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Au Nigéria, les fabricants d’engrais démentent les affirmations de l’exécutif qui estime que ces compagnies portent atteinte à l’économie nationale en exportant leur production au détriment des producteurs locaux. Selon les producteurs de fertilisants, leur fourniture du marché domestique est en accord avec les exigences du bureau du conseiller national à la sécurité (Nsa) et du service d’approvisionnement en intrants (Fiss) du ministère de l’agriculture, a-t-on appris de d’agenceecofin.com.

Cette sortie intervient une semaine après celle du ministre nigérian de l’agriculture, Audu Ogbeh qui a menacé de fermer toute usine d’engrais qui refuse l’accès à sa production aux agriculteurs nigérians tout en l’exportant.  Le ministre était intervenu,  suite à des rumeurs faisant état de ces pratiques au sein des deux plus grandes usines de production d’urée du pays. «Ces deux usines sont suffisantes pour couvrir la demande du Nigéria. Nous connaissons leurs capacités. Mais il y a des rumeurs selon lesquelles elles exportent leur production, plutôt que de la commercialiser sur notre marché, ce qui a porté les prix du sac d’urée à 10 000 nairas. Nous sommes en colère contre ces entreprises. Il ne saurait y avoir d’autre priorité que le marché nigérian. A moins qu’il n’y ait un surplus, nous ne pouvons rester cois pendant qu’ils écoulent leur production ailleurs, laissant nos agriculteurs sans engrais. Et notre avertissement vaut également pour les autres compagnies.», avait-il tempêté.

Il faut noter que le contexte économique actuel du Nigéria éclaire sur la colère du dirigeant. En effet, le pays qui tire l’essentiel de ses recettes de l’exportation des hydrocarbures, a été frappé de plein fouet par la crise qui prévaut dans ce secteur depuis un peu plus d’un an. L’exécutif a alors misé sur une stratégie de sortie de crise basée sur la diversification de ses sources de revenus; une stratégie dans laquelle l’agriculture pourrait jouer un  rôle central. Aussi, Abuja voit-il d’un mauvais œil tout dysfonctionnement dans ce secteur-clé alors que le pays vient de perdre son statut de première économie d’Afrique, en raison de la tourmente économique qu’il traverse.

Moctar FICOU / VivAfrik

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