Le Maroc accède de plus en plus aux énergies renouvelables qui restent encore plus chères

0

Le Maroc a déjà mis en place depuis plusieurs années des politiques en faveur des énergies renouvelables. lefigaro.fr fait le point sur celles-ci mais aussi sur les actions des associations.

Il y a 10 ans, le peu d’électricité qui arrivait à Merzouga, dans le sud-ouest du Maroc, permettait surtout aux habitants d’avoir la lumière. En 2008, l’association Enfants du désert a équipé des écoles et des maisons rurales avec des panneaux solaires. Aujourd’hui, pratiquement toutes les maisons de la région sont raccordées au système électrique général, mais les énergies renouvelables restent nécessaires. Hakim, organisateur de randonnées au Maroc, a constaté la même évolution dans la vallée de Dades, dite la «vallée des Roses», à 250 kilomètres de Merzouga. L’électricité y arrive, mais chère et parfois en quantité insuffisante. Les habitants ont alors recours, en complément, à des panneaux solaires, par exemple pour l’eau chaude. Ils peuvent être indispensables aux maisons plus isolées, construites au bout des pistes non-goudronnées. Mais les installations de bonne qualité sont encore trop chères et inaccessibles pour la plupart des marocains.

Le choix stratégique des énergies renouvelables

Le Maroc s’est assez tôt intéressé aux énergies renouvelables. Ne disposant ni de ressources en pétrole ni de réserves de gaz naturel, le pays est dépendant des importations. Développer les énergies renouvelables est avant tout une décision stratégique. Lors de la COP21, en décembre 2015, le roi Mohammed VI avait ainsi annoncé un objectif de 52% pour la part des énergies renouvelables d’ici à 2030. Aujourd’hui, 26 % de la production de l’électricité est «verte». En France, à titre de comparaison, elle n’était en octobre dernier que de 19 %, et en Europe l’objectif est de 27% en 2030. En 2009 avait été lancé sur décision royale le Programme solaire marocain (Psm) regroupant une série de projets autour de l’énergie solaire, avec un objectif de 2000 mégawatts (Mw) pour dans quatre ans, soit la puissance de deux réacteurs nucléaires. C’est ainsi qu’a débuté la construction de la plus grande centrale solaire thermique du monde qui, à terme, aura une capacité de 580 Mw, et elle s’étendra sur 30km². Autre grand projet d’énergie renouvelable, la plus grande centrale éolienne d’Afrique a été inaugurée fin 2014 à Tarfaya, sur la côte atlantique dans le sud du pays. Nommée Tarrec, elle a une capacité totale de 300 Mw. Lancé en 1996, le Programme d’électrification rurale globale (Perg) a par ailleurs permis d’électrifier 95% du Maroc, permettant aux régions les plus isolées de pouvoir et accéder plus facilement à l’énergie. Parfois ce n’est pas suffisant, les câbles ne sont pas assez longs ou n’ont pas assez de débit. Des villages ont donc bénéficié de panneaux photovoltaïques et de «kits solaires». Fin 2015, plus de 39.000 villages, soit 2 millions de foyers, ont eu accès à l’électricité grâce à ce programme, et plus de 3000 villages, soit 51.000 foyers, ont bénéficié d’équipement en kits photovoltaïques.

Le travail nécessaire des associations

Cependant, même si le prix des énergies renouvelables est en baisse, elles restent chères, et le travail des associations est encore nécessaire. Brahim Elasri, retraité de l’éducation nationale française, mène depuis plusieurs années des projets avec l’association Électriciens sans frontières dans le village de Lemdint, au sud-est d’Agadir. «La première station solaire a été installée en 2000 et elle fonctionne toujours!». Depuis avril 2016, un plus gros projet de mini-centrale électrique solaire permet de produire 20 kilowatts (Kw) solaires et 40 Kw éoliens, de fournir de la lumière à trois écoles, et surtout d’alimenter les pompes à eau. «À long terme, l’énergie produite dans le village pourrait être vendue à l’Office national de l’électricité du Maroc (Onee), et ainsi financer des dispensaires, des médicaments, des ordinateurs, et même une ambulance pour aller plus facilement à l’hôpital, qui est à deux heures de route», raconte Brahim Elasri.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here