Le double paradoxe de l’Afrique peint par Seyni Nafo

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Le président du groupe des négociateurs africains à la COP 21 et COP 22 a indiqué hier que l’Afrique est un continent, une position et une voix. Seyni Nafo a en outre passé au peigne fin le double paradoxe de l’Afrique face au climat et à l’énergie, Mahamadou Baldé, président de l’Observatoire des valeurs sociétales et éthiques des organisations (Ovseo) parle d’une activité communicationnelle interministérielle réussie en présence d’un conférencier de dimension mondiale.

« D’après les études prospectives, l’Afrique est un défi parce qu’elle doit faire face à son premier grand défi, celui de la pauvreté, son second grand défi, celui de la démographie et son dernier grand défi, celui du climat », a expliqué Seyni Nafo hier à Dakar lors de la conférence de restitution de la COP 22 organisée par l’Observatoire des valeurs sociétales et éthiques des organisations (Ovseo) sur le thème « Luttons contre les changements climatiques : instruments, mise en œuvre et financement ». Selon M. Nafo, le défi du climat constitue une problématique majeure puisque l’Afrique ne l’a pas créé et dont elle est victime. Il est à ses yeux, un défi qui s’impose au continent noir, il peut facilement éliminer les gains de développement mais aussi il peut engendrer l’insécurité alimentaire. L’Afrique est la seule région qui a une position commune lors des négociations internationales. Car elle est consciente que « si on ne gagne pas la bataille du climat, la guerre du développement est impossible » a expliqué le président du groupe des négociateurs africains à la COP 21 et COP 22.

A la COP 21, explique Seyni Nafo, les chefs d’Etats qui se réunissent tous les six mois, donnent des orientations à leurs ministres avec trois objectifs. « Le premier objectif est d’avoir un accord qui soit pleinement universel, ambitieux et équitable. Le deuxième objectif est de lancer des nouvelles initiatives et le troisième objectif est d’avoir un paquet financier qui soit adéquat. A cela, s’ajoutent deux paradoxes qu’on appelle des paradoxes africains. Le premier, c’est le fait d’être un continent qui est le moins responsable de manière historique en termes d’émission de CO2 (3,5%), mais l’un des continents les plus d’impacté, avec moins de capacités d’adaptation aux changements climatiques. Telle est l’injustice climatique. Le second paradoxe, c’est que l’Afrique a l’accès le plus faible à l’énergie (600 à 700 millions de personnes n’ont pas accès à cette ressource dans le continent) alors que le continent a de très loin plus de potentialités en termes d’énergie », détaille le chef de fil de la délégation africaine à Marrakech.

Pour sa part, le président de l’Observatoire des valeurs sociétales et éthiques des organisations (Ovseo) après avoir magnifié la tenue de cette conférence de restitution de la COP 22, a salué le service rendu par le ministère de l’énergie et celui de l’environnement. « Il y a eu un échange fructueux entre plusieurs parties prenantes. On a confronté aujourd’hui le point de vue de deux ministères : le ministère de l’énergie et du développement des énergies renouvelables qui s’occupe du développement des énergies renouvelables et celui de l’environnement et du développement durable qui s’occupe des changements climatiques », a d’emblée laissé entendre Mahamadou Baldé, initiateur de la conférence. Avant d’indiquer le rôle de l’Ovseo dans ce jeu. « Nous, en tant qu’observatoire, on s’est dit que ce ne sont pas forcément des questions qui sont déliées. On s’est trouvé une plateforme interactive à travers laquelle on peut avoir ces deux types d’acteurs et faire de sorte qu’il y est un échange comme celui-ci », a dit le président de l’Ovseo par ailleurs directeur de publication de VivAfrik tout en se félicitant de la participation active de plusieurs sociétés privées de la place.

Moctar FICOU / VivAfrik

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