[Rapport OVSEO] Dr Abdoulaye Diané : « la Rse / Rso est compatible aux Odd, et pourrait accélérer l’atteinte des Odd »

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Le conférencier qui s’exprimait en juin lors de la cérémonie de lancement officiel des activités de l’Observatoire des valeurs sociétales et éthiques des organisations (Ovseo) sous le thème : « Quelle perspective sénégalaise de la responsabilité sociétale des entreprises (Rse) à l’heure des Objectifs du développement durable (Odd) ? » s’est indigné de la non prise en compte systématique de la responsabilité sociétale par les entreprises au Sénégal. Le Dr Abdoulaye Diané a ensuite décliné les bonnes pratiques en matière de la responsabilité sociétale des organisations (Rso) qui recoupent avec les Odd.

Selon Dr Abdoulaye Diané, également formateur chevronné en Rse/Rso, la responsabilité sociétale, est « une démarche volontaire d’intégration des préoccupations environnementales et sociales dans l’activité des organisations et des entreprises. Ce qui signifie que la Rse/Rso revêt trois dimensions à la fois économique, environnementale, et  sociale », à de prime à bord définit M. Diané. Qui apprend que la Rse/Rso est donc un outil qui permet de mieux prendre en charge les préoccupations économiques, environnementales et sociales. De nouveaux défis ont fait émerger des approches spécifiques du développement durable dans le processus de création de richesses avec l’éthique, le respect des lois et les règlements comme parties intégrantes de ce processus.

Toutefois, explique l’expert, la Rse est différente du mécénat, en ce sens qu’à côté de la solidarité, il y a le souci d’efficacité de l’action entreprise, par rapport à l’environnement. « La pratique au Sénégal et en Afrique montre qu’il y a un amalgame entre la prise de responsabilité et le mécénat » lance-t-il à qui veut l’entendre. En guise d’illustration, il cite « l’exemple parfait de l’insensibilité (non-respect du principe de redevabilité) des entreprises au Sénégal, citant l’exemple de la Sococim. Une entreprise prospère et vieille de 70 ans, entourée de personnes les plus défavorisées, comme un « îlot de prospérité dans un océan de misère ». La Sococim a mis 65 ans avant d’avoir sa première  certification, en qualité (ISO 9001) et respect de l’environnement (ISO 14001)», lâche-t-il timidement. Après avoir peint ce tableau sombre de de la pratique de la responsabilité sociétale des entreprises au Sénégal,  le conférencier a néanmoins fait l’inventaire des bonnes pratiques de celle-ci.

Pour le Dr Abdoulaye Diané, toute démarche Rse tente de résoudre une problématique centrale à savoir « la responsabilité de l’organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement ». Ce principe est également selon lui, au centre des préoccupations de la norme ISO 26000. A l’en croire, toute entreprise, ou organisation qui souhaite être à niveau avec les bonnes pratiques, ne devrait ignorer cette norme. En effet, le respect de la norme ISO 26000 devrait permettre « de définir le périmètre de sa responsabilité sociétale, d’identifier les domaines d’action pertinents et fixer ses priorités, il convient que l’organisation traite (toutes) les « questions centrales  » à savoir « la gouvernance de l’organisation, les droits de l’homme, les relations et conditions de travail, l’environnement, la loyauté des pratiques, les questions relatives aux consommateurs et les communautés et le développement local ». Ainsi, « la Rse/Rso prône l’éthique, un dialogue franc avec toutes les parties prenantes internes comme externes à l’organisation, mais également le respect des lois, règlements et normes en vigueur », a soutenu le formateur. Si l’on se fie à notre interlocuteur, l’observation de ses principes devrait graduellement se traduire par un comportement plus transparent et éthique, favorisant le développement durable y compris à la santé et au bien-être de la société, tout en prenant en compte des attentes des parties prenantes. « Cela signifie qu’une bonne pratique de la Rse/Rso est non seulement compatible aux Odd, mais elle pourrait accélérer l’atteinte desdits objectifs, si toutes les organisations s’en approprient ».

S’exprimant sur le lien entre Rse et (Odd), le professeur Diané a affirmé que le développement durable est une quête permanente (accès à une qualité de l’enseignement, villes et communautés durables, consommation responsable, vie climatique, environnement, travail décent etc.). Comment les entreprises peuvent- t-elles intégrer les Odd dans leurs activités ? M. Diané, rétorque qu’à la technique de marketing bien connue des « 4P » (product, promotion, place, price), il faut augmenter simplement un 5e P : planète !  Les organisations doivent aussi intégrer le fait que l’initiative verte rapporte, de même que l’innovation. Par exemple, « l’interdiction des sachets plastiques au Sénégal fait naître des opportunités nouvelles de création de nouveaux types d’emballages comme les sachets plastiques biodégradables ».

En revanche, indique-t-il, le coût de la « non responsabilité » est extrêmement élevé. « Trente ans d’absence de réponse et de « non responsabilité » des industriels de la baie de Hann nous coûtent aujourd’hui 43 milliards de dépenses pour dépolluer ce qui était jadis une des plus belles baies du monde », s’est-il désolé.  Avant de laisser entendre que « le processus de dépollution de cette baie, démontre à suffisance que quand des acteurs économiques ont des objectifs verrouillés que sur les profits, sans pour autant intégrer les préoccupations environnementales, et sociales, la facture de l’inaction devient très vite insoutenable », fulmine-t-il pour le regretter.

Moctar FICOU / VivAfrik

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