Cheikh Omar Bâ appelle à cultiver des légumineuses pour endiguer l’insécurité alimentaire

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Le directeur exécutif de l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), Cheikh Omar Bâ, a suggéré vendredi de vulgariser la culture des légumineuses, le niébé et l’arachide surtout, en vue d’assurer la sécurité alimentaire et d’améliorer la nutrition.

« Pour éradiquer la faim et la malnutrition, il faudra augmenter la quantité et la qualité des aliments, tout en recourant à des modes de production diversifiés, durables, efficaces et sûrs », a recommandé à l’APS M. Bâ en intervenant à la 12e édition des « Fenêtres sur l’agriculture », à l’Institut de technologie alimentaire (Ita) de Dakar. Cette rencontre dédiée à la promotion des produits agricoles est axée sur le thème : « Les légumineuses : de petites graines pour un défi de grande taille ». L’arachide et le niébé sont les principales légumineuses cultivées au Sénégal, a rappelé Cheikh Omar Bâ, en soulignant que les rendements de ces filières sont largement inférieurs aux besoins du pays. Les légumineuses sont des cultures récoltées uniquement pour obtenir des grains secs, comme les haricots, les lentilles et les pois, a-t-il précisé. M. Bâ juge nécessaire de « sensibiliser l’opinion publique et les décideurs politiques sur les atouts biologiques et nutritionnels de ces légumineuses, dans le cadre d’une production vivrière durable », mais aussi pour assurer « la sécurité alimentaire et nutritionnelle » du Sénégal. Les légumineuses sont efficaces pour améliorer la nutrition dans ce pays où un enfant sur cinq souffre d’un « retard de croissance », a-t-il insisté, en citant les résultats d’une enquête démographique et de santé (Eds) publiée en 2015 sous l’égide du gouvernement sénégalais.

De « nombreux bienfaits nutritionnels »

La carence en micronutriments est très élevée au Sénégal, affirme M. Bâ, ajoutant que l’anémie touche 66 % des enfants dont l’âge est compris entre zéro et cinq ans, et 54 % des femmes ayant atteint l’âge de donner des enfants. « Même si des efforts sont en train d’être faits, des défis restent encore à relever pour faire face aux enjeux de sécurité alimentaire et nutritionnelle », a prévenu le directeur exécutif de l’Ipar, une organisation dédiée à la réflexion sur les politiques agricoles et rurales. « Les légumineuses constituent, avec les céréales, la base de la nourriture des populations, surtout en milieu rural », a expliqué M. Bâ.

Selon lui, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) a proclamé 2016 l’«Année internationale des légumineuses ». La Fao a saisi cette opportunité pour mettre en avant « leurs nombreux bienfaits nutritionnels et leur contribution clé aux objectifs d’élimination de la faim et de développement d’une agriculture durable », a expliqué le représentant de la Fao au Sénégal, Reda Lebtahi. « L’approvisionnement mondial de ces denrées est insuffisant pour atteindre le niveau des apports recommandés », a souligné M. Lebtahi, en intervenant à la rencontre de l’Ita. Selon lui, en Afrique, la production de légumineuses reste faible et représente 20 % de la production mondiale. Les rencontres « Fenêtres sur l’agriculture », organisées annuellement depuis 2013, servent à « créer un espace de dialogue politique et une plateforme de mise en réseau et d’échange de bonnes pratiques », concernant la production agricole.

Moctar FICOU / VivAfrik

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