L’Afrique pour relever le défi de l’agriculture et de la sécurité alimentaire

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L’année 2017 sera-t-elle l’année du début du grand bond de l’agriculture africaine ?, s’interroge afrique.latribune.fr. Les initiatives se multiplient pour permettre au continent de développer ce secteur stratégique qui est confronté à d’énormes difficultés. L’enjeu est pourtant de taille au vue du potentiel dont dispose l’Afrique pour assurer sa sécurité alimentaire mais aussi et surtout accélérer son processus de développement durable et inclusif. L’heure est à la synergie pour une action globale dont les premiers actes sont attendus dès cette année.

Beaucoup a été dit et même trop dit sur l’agriculture africaine, son potentiel, ses opportunités en matière de développement et le rôle qu’il peut jouer pour l’avenir de l’humanité. Des années durant pourtant, la mobilisation en faveur du développement de ce secteur, n’ont à ce jour, pas permis de lever les principaux obstacles qui freinent sa croissance et empêchent les populations du continent d’en tirer un véritable profit. Des stratégies ont certes été mises en œuvre dans certains pays ou régions avec quelques résultats satisfaisants mais qui sont loin des objectifs espérés et le secteur continue à traduire en acte tout le condensé de ce paradoxe africain qui fait qu’en dépit de ses immenses ressources, l’Afrique peine à assurer son développement. En cette année 2017 qui commence, c’est un peu la même rengaine qui ressort des différents rapports et engagements tant des pays que des partenaires internationaux qui ressassent toujours les mêmes constats et parviennent fréquemment aux mêmes conclusions surtout en matière de belles recommandations qui, à première vue, apparaissent comme facilement réalisables. Il y a pourtant comme un vent d’espoir qui souffle sur le continent pour les prochaines années notamment en matière de développement agricole car désormais l’approche en la matière met l’accent sur le chainon qui a toujours manqué jusque-là, celui du financement. Qu’il s’agisse des fonds publics ou privés, c’est le principal défi pour la transformation structurelle de ce secteur qui pourrait désormais s’appuyer sur les fenêtres d’opportunités qu’offrent les nouvelles technologies et la lutte contre le changement climatique pour enfin amorcer sa révolution.

Le défi d’une transformation agricole structurelle

C’est un constat qui fait désormais consensus auprès des experts ainsi que des principales institutions internationales et bailleurs de fonds engagés dans le développement de l’Afrique. Le développement des économies africaines passe par la diversification de ses locomotives de croissance et en ce sens le secteur agricole offre aux pays du continent une opportunité sans pareil dans la dynamique mondiale actuelle. Assurer la sécurité alimentaire de l’Afrique, c’est parvenir à améliorer la productivité du secteur et tirer des points de croissance, c’est parvenir à l’intégrer à la chaine des valeurs mondiales. La clé du succès en somme, réside dans l’industrialisation accéléré du secteur en misant sur les nouvelles solutions technologiques et en accédant au financement. C’est en ce sens que la révolution agricole sera effectivement en marche. En la matière, certaines initiatives qui seront lancées dans les prochains mois s’inscrivent dans cette tendance. «Le passage à une agriculture moderne et commerciale est la clé de la transformation de l’Afrique et des conditions de vie des Africains, en particulier des ménages les plus pauvres vivant en milieu rural» ne cesse d’insister à différentes occasions, comme dernièrement à la COP 22, Akinwumi Adesina, le président de la Banque africaine de développement (Bad). L’une de ces nouvelles initiatives, «Nourrir l’Afrique», qui fait partie des cinq nouvelles priorités d’interventions de la banque panafricaine, est annoncée comme «la clé de la transformation de l’agriculture africaine en un secteur compétitif sur le marché international, inclusif et commercial, qui crée des richesses, des emplois rémunérés et améliore la qualité de vie». Ces quatre principaux objectifs prennent en charge la plupart des défis de l’heure pour le secteur, notamment contribuer à l’élimination de l’extrême pauvreté en Afrique, à éliminer la faim et la malnutrition en Afrique, à faire de l’Afrique un continent exportateur net de produits alimentaires et enfin, à hisser l’Afrique au sommet de la chaîne de valeurs mondiale.

Moctar FICOU / VivAfrik

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