Abdoulaye Bibi Baldé appelle les collectivités locales à faire de la lutte contre les feux de brousse une priorité

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Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdoulaye Bibi Baldé a invité, jeudi, à Koussanar, dans la région de Tambacounda (Sénégal) les collectivités locales à faire de la lutte contre les feux de brousse une vraie priorité dans leurs plans et programmes.

« Les actions viables de lutte contre les feux de brousse (…) doivent être une priorité dans les plans et programmes des collectivités locales qui s’investissent dans la gestion durable des ressources naturelles », a-t-il dit à l’APS. M. Baldé présidait la journée nationale de sensibilisation contre les feux de brousse à Koussanar, en compagnie de sa collègue de l’Elevage et des productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye. L’arrêt « brutal » des pluies qui a marqué l’hivernage 2016, a provoqué l’assèchement précoce du tapis de la biomasse herbacée, surtout dans les régions Nord et Est du pays, a fait remarquer le ministre de l’Environnement. « Cette biomasse, ajoutée au potentiel non ligneux, constitue une ressource capitale pour le développement des activités agrosylvopastorales, nécessaires au bien-être des populations rurales et surtout à l’atténuation des effets des changements climatiques, à travers la réduction des émissions de carbone », a-t-il poursuivi. Pour lui, la préservation de ce potentiel « devient donc une impérieuse nécessité pour l’amélioration de la productivité des systèmes de production et le développement économique, social et écologique ». Il a souligné que les activités allant dans ce sens sont inscrites dans l’agenda de son département.

Après avoir invité les collectivités locales à poursuivre et renforcer leur prise en charge (de cette action) qui s’inscrit dans les compétences qui leur sont transférées, il a invité l’ensemble des acteurs à se mobiliser pour la cause. Pour Abdoulaye Baldé, la protection de la nature confiée à son ministère « ne peut réussir et s’inscrire dans la durabilité que si l’ensemble des acteurs sont mobilisés pour la cause ». Les femmes et les jeunes, ainsi que les membres des comités inter-villageois de gestion des forêts (Civgf), entre autres ont été conviés à poursuivre leurs initiatives, pour lutter contre les feux de brousse qui détruisent des champs, des bois , des greniers, des infrastructures, des animaux domestiques et sauvages, des plantes médicinales et même, hélas parfois, des vies humaines. « Le choix de Koussanar pour lancer ce message (du gouvernement à la nation) loin d’être fortuit, se justifie dans sa position centrale dans la production de bois énergie et de produits forestiers non ligneux », a expliqué M. Baldé. Il a loué le « dynamisme » de la commune de Koussanar qui se traduit par de « belles réalisations et initiatives en matière de gestion durable des ressources naturelles » qui ont été enregistrées dans la zone, sous l’encadrement du service des eaux et forêts. Il a relevé que l’exploitation forestière se mène « essentiellement dans la forêt communautaire qui couvre une superficie de 40.000 ha et polarise 39 villages et dans les forêts (…) de Tamba Nord, Tamba Sud, Ouly et Botou », pour 113.200 ha.

Le responsable du ministère de l’Environnement a en outre, invité la communauté internationale à appuyer le gouvernement du Sénégal dans le renforcement des capacités d’intervention des comités inter-villageois de lutte contre les feux de brousse, ainsi que des initiatives mises en œuvre. M. Baldé a aussi salué le « rôle très important » que jouent les autorités administratives, notamment les gouverneurs, préfets et sous-préfets, à travers notamment la sensibilisation des populations lors des comités de développement.

Saluant l’esprit de solidarité gouvernementale qui a présidé à l’invitation que lui a adressée son collègue de l’Environnement, la ministre de l’Elevage Aminata Mbengue Ndiaye, a estimé que l’enjeu de la lutte contre les feux de brousse est « de taille », en ce sens qu’il contribue à préserver les pâturages et à contribuer à la sécurité alimentaire du bétail. Le tapis herbacé est agressé chaque année, le plus souvent par les facteurs anthropiques, a-t-elle dit, avant d’ajouter : « l’homme est à l’origine des feux de brousse ; il lui appartient de prendre des dispositions pour ne pas les provoquer ». Elle a appelé les éleveurs à constituer des réserves fourragères pour pallier à la période de soudure. Il a aussi invité les autres villages à prendre exemple sur Dawadi dont les habitants ont ouvert des pare-feux.

Mamadou Wone, président de la Fédération régionale des producteurs de charbon de bois, qui regroupe 15 unions de 74 GIE comptant 6.830 membres, a mis en exergue les actions de cette structure qui a reboisé 3 ha à Makacolibantang. La fédération compte aussi démarrer à partir de 2017 la tenue d’une journée régionale de lutte contre les feux de brousse. Le maire de la commune de Koussanar, Elhadji Boubacar Bâ a, quant à lui, fait part de l’ambition de la collectivité à arriver à « zéro feu de brousse ». Du matériel de lutte contre les feux a été remis aux comités villageois par le ministre de l’Environnement.

Moctar FICOU / VivAfrik

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