Enfin, la Chine interdit le commerce de l’ivoire : une aubaine pour les défenseurs des éléphants

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Depuis les années 1970, le braconnage menace sérieusement la survie des éléphants du Kenya et certains critiquent depuis quelques années les chinois d’alimenter la demande. Aujourd’hui, raconte fr.cctv.co, une nouvelle ère a commencé avec l’annonce du gouvernement chinois le 30 décembre de programmes interdisant la transformation et la vente de l’ivoire d’ici la fin de l’année 2017. Jabes Okumu, expert de la vie sauvage pour la East African Wild Life Society, a qualifié cette mesure d’étape importante vers la protection des éléphants.

M. Okumu a expliqué que la décision de fermer le marché domestique chinois réduira la pression sur les ressources sauvages non seulement au Kenya mais aussi en Afrique de l’Est.
Selon l’expert, l’interdiction conduira à des prix rédhibitoires liés au nombre limité d’acheteurs d’ivoire brut et de la baisse de l’approvisionnement liée au nombre réduit de distributeurs.
« Cette décision pourrait bien être suivie par d’autres pays consommateurs d’ivoire et aidera à bâtir des synergies vers la protection des éléphants comme le préconisent les annexes II et I de CITES », a-t-il poursuivi. CITES, acronyme pour désigner la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, est un accord international entre les gouvernements dont le but est de faire en sorte que le commerce des spécimens de la faune et de la flore sauvages ne menace pas leur survie.

Les défenseurs de la faune et de la flore ont identifié les menaces qui mettent en danger la survie des éléphants d’Afrique, comme le braconnage et la perte de leur habitat liée au changement climatique, et la sécheresse. L’ensemble de la population des éléphants d’Afrique est à son niveau le plus bas en 25 ans, principalement à cause du braconnage dont ils sont les victimes depuis ces dix dernières années, selon un rapport publié en septembre.
« La population des éléphants d’Afrique connaît un déclin drastique au Kenya à cause du braconnage. Même si la perte de son habitat et la fragmentation sont également des facteurs qui y contribuent, le braconnage reste la cause principale », a insisté M. Okumu.

Le rapport sur le statut des éléphants d’Afrique a expliqué que l’Afrique de l’Est, la région la plus touchée par le braconnage, a connu une baisse de presque 50% de la population d’éléphants, bien que dans des pays comme l’Ouganda, le Kenya et le Rwanda, le nombre d’éléphant est stable, voire même augmente, depuis 2006. La Kenya wildlife service (Kws), a fait état l’année dernière d’une hausse du nombre d’éléphants ces derniers temps grâce aux différents efforts de conservation, comme les partenariats pour protéger la faune et la flore et les campagnes de sensibilisation au braconnage. En 2015, on dénombrait 35.149 éléphants au Kenya, soit une augmentation annuelle de 2,29% depuis 1989, d’après la Kws.

M. Okumu a ajouté que l’interdiction de la Chine demande inévitablement un soutien des autres efforts de conservation pour faire en sorte que les populations d’animaux sauvages deviennent de plus en plus viables et stables. Le Kenya et la Chine ont signé un partenariat pour protéger la faune et la flore kényane. Lors de sa visite au Kenya en 2014, le premier ministre chinois Li Keqiang a annoncé une aide financière et technique pour renforcer la protection des espèces en danger.

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