L’érosion côtière principal facteur de déperdition des plages au Sénégal, affirme Khalifa Ababacar Sall

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La cérémonie de publication de la Stratégie de résilience de la ville de Dakar a servi de tribune au maire de Dakar pour déplorer la privatisation des plages au Sénégal dû à plusieurs facteurs dont l’érosion côtière.

«Dakar, toute la région du Cap Vert est une presqu’île et aujourd’hui la bande côtière est agressée. L’érosion côtière est d’abord le premier facteur de perte de nos plages », constate avec désolation l’édile de Dakar. « Partez uniquement de Mbour (région de Thiès) jusqu’à Dakar, les plages se sont réduites. Aujourd’hui, si vous allez sur la Corniche Ouest, la route est à moins de 4 mètres  de la plage dans certaines parties. Donc le premier facteur d’handicape pour l’accès à la plage, c’est l’érosion côtière », insiste-t-il. Tout se demandant les solutions à y apporter. Nous en avons ! Mais c’est des solutions que nous devrons conduire avec l’Etat. « La ville est chargée de l’aménagement mais le ministère de l’environnement à ses compétences en la matière, puisqu’il s’agit de la mer, il y a le ministère de la pêche. Donc, ce que nous avions décidé parce que ce n’était pas la priorité au début qui se limitait à l’aménagement urbain, l’éclairage, la voirie etc », explique M. Sall. Maintenant que nous allons allez vers cela, des partenaires ont été approchés et des propositions sont faites, ce sera en rapport avec l’Etat. En ce que l’érosion nous prive comme plage, on a une occupation anarchique de nos plages parce que l’Etat, depuis plusieurs années, a permis aux structures touristiques et hôtelières de s’implanter au bord de mer. Regardez ce qui se passe dans toutes les villes du monde, le bord de mer sur 40 mètres est préservé. Personne ne peut construire sur 40 mètres de la plage qui sont laissés et les constructions ne débutent qu’à ce niveau. Et Khalifa Sall de revenir à la charge « ici, tout le monde veut être les pieds dans l’eau, que ce soit les hôtels comme les maisons. Le peu de plage qui restait à Dakar est aujourd’hui privatisé parce que ces hôtels, ces privés qui occupent la plage utilisent le bord de mer. C’est une situation qui est regrettable  pour laquelle il nous faudra continuer à sensibiliser l’Etat parce que c’est l’Etat central à ce niveau qui est le principal responsable ». « Nous allons continuer à les sensibiliser mais il nous faudra trouver une solution. Dans l’immédiat, c’est aux populations d’aller à la plage sans tenir compte de ceux qui prennent ou s’accaparent de ce qui leur appartient d’ici à ce que l’Etat puisse prendre à bras le corps ce problème qui est devenu aujourd’hui alarmant parce que nous sommes une ville côtière qui ne voit plus son bord de mer. Les populations n’accèdent plus à la plage et ce n’est pas normal» se plaint M. Sall.

Moctar FICOU / VivAfrik

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