La création du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo finalisée cette semaine

0

C’est donc cette semaine que sera finalisée, à Oyo, la création du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo dont le projet avait été lancé à Marrakech dans le cadre de la COP 22, autrement dit lors du dernier Sommet mondial sur le climat. Confiée au président du Congo, la mise en place de cette institution panafricaine aura donc mis quatre mois pour devenir réalité, ce qui constitue un véritable exploit étant donné la lenteur avec laquelle se concrétisent, de façon générale, les grands desseins internationaux concernant la protection de l’environnement.

Imaginée par la Brazzaville Foundation for Peace and Conservation, basée à Londres, qui rassemble en son sein des personnalités de premier plan parmi lesquelles le Prince Michael de Kent et l’ancien président du Nigéria Olusegun Obasanjo, le Fonds Bleu tourne en quelque sorte une page de l’histoire quelque peu mouvementée de la lutte contre la déforestation, le pillage des ressources naturelles, la mise en valeur anarchique des terres, le sous-développement chronique des populations, le manque d’éducation et les conditions sanitaires déplorables dans lesquelles celles-ci vivent depuis des siècles. Il jette les bases d’une communauté africaine qui, à en croire adiac-congo.com, rassemblera autour d’un projet commun les douze pays composant le Bassin du Congo et leur permettra, grâce au progrès économique et social généré par ce bond en avant, de prévenir les crises de toute nature qu’engendrent la misère, l’ignorance, l’exploitation de l’homme par l’homme, la dégradation continue de la nature, bref les maux qui marquent ce début de millénaire dans de nombreuses régions du monde. S’il est trop tôt pour dire quel sera le contenu précis du Mémorandum discuté le 8 mars et probablement signé le 9 mars par les représentants des douze pays de l’Afrique centrale présents à Oyo, il n’est pas trop tôt pour imaginer les conséquences positives de la mise en place du Fonds Bleu. En commençant par une prise de conscience collective et spectaculaire des défis qui devront être relevés si cette partie de l’Afrique se décide enfin à mutualiser ses efforts pour, d’une part, permettre aux peuples de franchir un pas décisif sur la voie de l’émergence et, d’autre part, mettre un terme aux drames qui n’ont cessé d’ensanglanter leurs nations tout au long des dernières décennies.

Ce que l’on peut prédire dès aujourd’hui, à la veille de la conférence d’Oyo, est que la mise en place effective du Fonds Bleu dans les années à venir fera du Bassin du Congo un modèle universel auquel se réfèreront toutes les communautés régionales et sous-régionales de l’Afrique, de l’Amérique Latine, de l’Asie du Sud. Cela pour au moins deux raisons : les retombées de cette vaste opération seront immédiates, se traduisant pour les nations concernées par la résolution de problèmes internes qui paraissaient jusqu’à présent insolubles et le fait que tout ce que le monde moderne compte d’investisseurs, d’acteurs économiques, d’entrepreneurs se tourneront vers cette partie du monde qu’ils jugeaient jusqu’à présent incapable de sortir du sous-développement.

Mieux vaut le savoir alors que s’achève la préparation de la conférence d’Oyo : il importe au plus haut point que ce premier grand rendez-vous soit exemplaire à tous égards, sur le plan matériel bien sûr mais aussi sur le plan intellectuel, car les idées qui seront lancées cette semaine dans le cadre de la Conférence sur le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo seront à coup sûr reprises et amplifiées instantanément à l’échelle planétaire.

Moctar FICOU / VivAfrik

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here