La BAD au chevet de la filière anacarde au Burkina Faso

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La Banque africaine de développement (Bad) va accorder un prêt de 2,28 milliards de francs CFA à l’Etat burkinabé dans le cadre du projet d’appui au développement de la filière de l’anacarde dans le bassin de la Caloé. Comptant pour le programme REDD+, il s’agit de la troisième aide de la Bad pour la filière.

Un protocole d’accord de don et de prêt a été signé ce vendredi entre la ministre des finances du Burkina Faso Hadizatou Rosine Coulibaly et Antoinette Batumubwira, représentante résidente de la Banque africaine de développement (Bad) au Burkina Faso. L’institution financière multilatérale va accorder un prêt de 2,28 milliards de francs CFA à Ouagadougou pour promouvoir la filière de l’anacarde (également appelée noix de cajou) dans le bassin de Caloé. Le financement entre dans le cadre du programme REDD+ (Pada / Redd) à travers lequel le gouvernement avait initié un projet d’appui au développement de l’anacarde dans la zone, et qui avait besoin d’appui financier. Selon Hadizatou Rosine Coulibaly, ce projet dont la date limite d’exécution court jusqu’en 2022, a un objectif double. Contribuer à la réduction de la pauvreté en milieu rural, à la réduction de la déforestation et la diminution des émissions des gaz à effet de serre, l’anacardier étant une plante à capacité de gestion du carbone. « Considérée comme une espèce forestière de lutte contre l’érosion et la désertification, l’anacardier est désormais reconnu pour présenter des opportunités économiques pour différentes parties prenantes rurales », a souligné la FAO dans une étude sur la filière anacarde du Burkina Faso, rendue publique par afrique.latribune.fr. Selon l’étude, l’importance de la filière de l’anacarde dans l’économie du Burkina Faso n’est plus à démontrer. La culture de l’anacardier a beaucoup apporté à l’économie ces quatre dernières années où conscient de son importance, le gouvernement s’est activé pour réorganiser le secteur.

Un impact économique important

De 1.000 hectares de vergers du projet ‘ »anacarde’ » initié par le gouvernement burkinabé en 1980, aujourd’hui le pays est à 80.000 hectares. Prenant exemple sur le voisin ivoirien, le Burkina Faso a pu obtenir une production rapide et significative, après une interruption en 1990. A ce jour, Ouagadougou transforme 5% de sa production et exporte le reste vers l’Inde, le Vietnam, le Brésil à travers Abidjan (Côte d’Ivoire) et Tema (Ghana) ; et permet à plus de 45.000 ménages d’en tirer des revenus. Un argument de poids qui a toujours milité en faveur de l’intérêt de la Bad pour la filière. Récemment, l’institution financière a indiqué avoir soutenu le Burkina Faso à raison de 5,4 millions de dollars sur un projet dont l’objectif est la plantation de 25 000 ha d’anacardes en agroforesterie, la mise à niveau et la construction de 10 unités de transformation d’anacardes et de mangues, l’aménagement de 10 centres de cuisson et de décorticage pour les femmes, l’encadrement de 540 producteurs/productrices. Outre cela, les autorités burkinabés avaient déjà obtenu en janvier 2017, grâce à l’appui de la Bad, un prêt d’un montant de 4 millions de dollars du programme d’investissement forestier du Fonds d’investissement climatique (Fic). Ce qui en fait un gros lot d’investissement pour la seule filiale de l’anacarde. Il faut en conclure qu’elle est porteuse de beaucoup d’espoir.

Moctar FICOU / VivAfrik