Quand une start-up californienne, Zipline, s’investit dans la livraison de lots de sang par drones au Rwanda

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L’opération a été lancée en octobre 2016. La livraison de lots de sang par drones à l’échelle d’un pays est une première mondiale dans le domaine médical. Zipline, une start-up californienne, a doublé en taille et couvre des territoires sans cesse plus étendus. De nombreux pays veulent suivre l’exemple du Rwanda, mais le patron de la start-up, Keller Rinaudo, est méthodique et préfère résister à l’appât du gain. Nicolas Champeaux l’a rencontré au « Davos Africain » de Durban, lit-on à rfi.fr.

Zipline couvre désormais 20 hôpitaux sur les 50 que compte le Rwanda. Ses douze drones larguent chaque semaine une centaine de colis, à l’aide de parachutes en papier. Il s’agit de lots de sang pour des besoins de routine mais aussi d’urgence. Les hôpitaux, et bientôt des centres de santé reculés, passent leur commande par simple SMS. Mais dans les faits c’est un peu plus compliqué admet le PDG de Zipline, Keller Rinaudo. « Nous avons été ralentis par des défis techniques, et puis il a fallu s’intégrer aussi, se faire accepter par le ministère de la Santé pour qu’ils nous communiquent toutes ses informations, et former les docteurs et les infirmières pour qu’ils puissent bénéficier de cette technologie. » Keller Rinaudo est à Durban car le forum économique mondial l’a retenu pour la promotion 2017 des entrepreneurs responsables. « Zipline remplit tous nos critères », explique Katherine Milligan directrice de la Fondation Schwab pour l’entreprenariat social, qui ajoute : « l’entreprise satisfait notamment nos exigences au niveau de l’innovation et de l’impact de son activité ».

A Durban, le patron de Zipline a rencontré Christie Peacock. Sa fondation vient en aide aux pasteurs et distribue des vaccins pour leur bétail au Kenya. « C’est une initiative excellente, je lui ai dit que je souhaitais voir comment faire appel à ce nouveau service, et nous allons reprendre contact », se réjouit l’entrepreneure. La start-up Zipline croule sous les demandes. Elles émanent d’Afrique mais aussi d’Europe et des Etats-Unis. Mais Rinaudo a le succès modeste et met en avant son client : le Rwanda. « Le Rwanda a montré que c’était possible, il a même devancé des économies bien plus développées, et il a prouvé les bénéfices de cette technologie, de nombreux pays l’ont relevé, et ils ont décidé d’emprunter à leurs tours la voie qu’il a tracée », explique Rinaudo. Le patron diplômé d’Harvard souhaite avancer avec méthode« Zipline fait de son mieux pour grandir et essaiera de satisfaire à terme ces demandes, mais maintenant nous sommes à cent pour cent concentrés sur nos opérations qui se développent au Rwanda. Nous sommes une petite start-up, et c’est la vie des gens qui dépend de nos services, donc nous sommes conservateurs au niveau de notre plan d’expansion, car il est essentiel que notre service parvienne bien aux gens quand ils en ont besoin. » Keller Rinaudo a tout juste trente ans. Il n’est pas obsédé par son chiffre d’affaires, il pense néanmoins étendre ses services à deux nouveaux pays en 2018.

Moctar FICOU / VivAfrik

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